La colère suscitée par la mort de Lyhanna continue de se manifester dans l'espace public. Alors que des rassemblements sont organisés depuis plusieurs jours pour réclamer des changements dans le traitement judiciaire des violences faites aux enfants, de nouvelles actions ont eu lieu, notamment devant le ministère de la Justice et dans le Gers.

Caroline Darian, fille de Gisèle Pelicot, s'est exprimée lors d'un rassemblement. Elle a estimé que « rien n'a été fait » pour améliorer la protection des victimes, dénonçant l'absence de mesures concrètes malgré les affaires récentes. Sa prise de parole a été largement relayée par les participants.

Parallèlement, des militantes du collectif Femen ont mené une action devant le ministère de la Justice. Elles ont symboliquement dénoncé ce qu'elles considèrent comme une institution incapable de protéger les enfants. Leur intervention, filmée et diffusée, a attiré l'attention des passants et des forces de l'ordre.

L'avocate Rebecca Royer, membre du barreau de Paris, a également pris la parole pour demander que « la justice prenne en considération la parole et les plaintes de nos enfants ». Elle a insisté sur la nécessité de former les magistrats et d'adapter les procédures pour recueillir la parole des mineurs dans de meilleures conditions.

À Auch, un geste symbolique a marqué les participants : un manifestant a bandé les yeux de la statue de la déesse Thémis qui orne le palais de justice. Ce geste visait à dénoncer ce que les contestataires perçoivent comme un aveuglement volontaire de l'institution judiciaire face aux violences subies par les enfants.

Ces actions s'inscrivent dans un mouvement d'indignation qui a vu des rassemblements se tenir devant plusieurs tribunaux en France, malgré les interdictions préfectorales. Les participants réclament une réforme en profondeur du système judiciaire et une meilleure prise en charge des victimes mineures.