La mobilisation autour de l’affaire Lyhanna ne faiblit pas. Lundi soir, de nouvelles manifestations se sont tenues devant le ministère de la Justice et plusieurs tribunaux en France, réunissant des citoyens et des associations qui réclament des réformes structurelles pour mieux protéger les enfants victimes de violences. Dans le même temps, le ministre de l’Éducation nationale a réuni les recteurs pour évoquer les mesures à prendre au sein de l’institution scolaire.

Nouvelles manifestations devant la Chancellerie

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le ministère de la Justice à Paris, ainsi que devant les palais de justice de grandes villes, pour protester contre ce qu’elles considèrent comme une « inaction systémique » des institutions face aux violences faites aux enfants. Les participants, majoritairement des femmes, brandissaient des pancartes appelant à une « justice pour Lyhanna » et dénonçant la lenteur des procédures. Des élus locaux et des représentants d’associations de défense des droits de l’enfant ont pris la parole pour exiger des mesures concrètes, notamment un meilleur recrutement de magistrats et une formation renforcée des professionnels de l’éducation et de la justice.

Le ministre de l’Éducation réunit les recteurs

Parallèlement, le ministre de l’Éducation nationale a convoqué l’ensemble des recteurs d’académie pour une réunion de travail consacrée à l’affaire Lyhanna. Cette réunion avait pour objectif de faire le point sur les dispositifs de signalement et de protection des élèves au sein des établissements scolaires. Selon des sources proches du dossier, le ministre a insisté sur la nécessité de « renforcer la vigilance » et de « mieux coordonner les actions entre l’école, la justice et les services sociaux ». Plusieurs recteurs ont fait part de leur volonté d’expérimenter des cellules d’écoute dédiées et de former davantage le personnel enseignant à repérer les signes de maltraitance.

Des revendications qui dépassent le cadre scolaire

Au-delà des mesures éducatives, les manifestants et les associations estiment que la réponse doit être globale. Ils appellent à une augmentation significative du budget de la justice, à la création de pôles spécialisés dans les violences intrafamiliales et à une meilleure protection des enfants placés. Le maire de Fleurance, commune d’origine de Lyhanna, a interpellé les responsables politiques, dénonçant « une des justices les moins financées d’Europe ». Plusieurs organisations, dont des collectifs féministes, ont également annoncé de nouvelles actions pour les jours à venir, notamment des rassemblements devant les préfectures.

Un contexte de tensions politiques

Cette affaire a relancé le débat sur la politique judiciaire et éducative du gouvernement. À l’Assemblée nationale, des députés de l’opposition ont interpellé le ministre de la Justice, lui reprochant son manque d’anticipation. Le gouvernement a promis des annonces prochaines, sans préciser leur contenu exact. La réunion des recteurs pourrait déboucher sur une circulaire visant à harmoniser les pratiques de signalement dans toutes les académies. Pour l’heure, les familles et les associations attendent des actes concrets.