L’émotion suscitée par la mort de Lyhanna, une adolescente tuée dans des circonstances qui interrogent le fonctionnement de l’institution judiciaire, se mue en mobilisation d’ampleur. Plus de 150 organisations, regroupées au sein d’une coalition féministe et enfantiste, appellent à un « déferlement » citoyen pour réclamer une « justice effective ». Deux dates sont avancées : le 15 juin, avec des rassemblements devant les tribunaux, et le 4 juillet, pour une manifestation nationale dans la rue.

Un appel à la mobilisation

Dans un communiqué commun, les organisations signataires dénoncent ce qu’elles qualifient de « larmes de crocodile » de l’exécutif et la « surenchère répressive » de l’extrême droite. Elles estiment que les réponses apportées jusqu’ici sont insuffisantes et exigent un « bouleversement structurel » adossé à un plan budgétaire à la hauteur du défi. Le meurtre de Lyhanna est présenté comme le symbole d’une justice « trop souvent impuissante face aux violences faites aux enfants et aux femmes ».

Des rassemblements déjà organisés

Cette initiative fait suite à plusieurs actions menées ces derniers jours. Le 8 juin, des rassemblements se sont tenus devant le ministère de la Justice à Paris, malgré une interdiction préfectorale, à l’appel de collectifs féministes. La militante Caroline Darian, auteure d’un ouvrage sur l’inceste et les défaillances judiciaires, avait dénoncé une « inaction systémique » des pouvoirs publics. Des membres du groupe Femen s’étaient également mobilisées devant la Chancellerie.

Le même jour, le maire de Fleurance (Gers), commune d’origine de l’adolescente, avait interpellé les responsables politiques lors d’un rassemblement local. « On ne peut pas continuer à pleurer les victimes sans rien changer », avait-il notamment déclaré.

Des critiques sur le financement de la justice

Plusieurs voix se sont élevées pour pointer le sous-financement chronique de la justice française. Un responsable politique européen a qualifié le système judiciaire français de « l’une des justices les moins financées d’Europe », reprenant un constat partagé par de nombreux magistrats et avocats. Ces critiques interviennent alors que le gouvernement a annoncé des mesures pénales renforcées, jugées insuffisantes par les associations.

Un enjeu budgétaire et structurel

La coalition, qui rassemble des associations de défense des droits des enfants, des collectifs féministes et des syndicats de magistrats, réclame notamment une augmentation significative des moyens alloués aux tribunaux, un renforcement de la formation des professionnels de justice sur les violences intrafamiliales et une meilleure coordination entre les services sociaux et judiciaires. Le 15 juin, des actions sont prévues dans plusieurs villes de France, tandis que le 4 juillet devrait voir converger à Paris des cortèges venus de tout le pays.

L’affaire Lyhanna a ravivé le débat sur la protection de l’enfance et l’efficacité de la réponse judiciaire. Les proches de l’adolescente, soutenus par des avocats et des associations, demandent que « plus jamais une telle tragédie ne soit possible ». Le procès de l’avocate et du magistrat mis en cause – qui devra déterminer d’éventuelles responsabilités professionnelles – est suivi de près par les organisations mobilisées, qui espèrent qu’il aboutira à des réformes concrètes.