Le 8 juin, Caroline Darian, figure engagée dans la lutte contre les violences faites aux enfants, a dénoncé une « inaction systémique » de la justice française lors d’une prise de parole devant le ministère de la Justice, à Paris. Accompagnée de militantes du collectif Femen, elle a interpellé directement le Garde des Sceaux à propos du meurtre de Lyhanna, une collégienne de 11 ans assassinée à Fleurance, dans le Gers, le 5 juin.
Les militantes Femen, torse nu, ont manifesté sur le parvis de la Chancellerie pour réclamer des comptes. Caroline Darian, fille de Gisèle Pélicot, a déclaré depuis les marches : « On a un système qui ne protège pas nos enfants. On a des signalements qui ne sont pas traités. On a des victimes qui ne sont pas écoutées. »
Rassemblement à Auch
En parallèle, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le tribunal judiciaire d’Auch, à une trentaine de kilomètres de Fleurance. Un participant a confié : « On est tous révoltés, on se demande qui va protéger nos enfants. » L’ambiance était tendue, mêlant colère et tristesse. Les manifestants ont observé une minute de silence à la mémoire de la collégienne, avant d’entonner des chants et de brandir des pancartes dénonçant les carences de l’institution judiciaire.
Le maire de Fleurance, présent à Auch, a pris la parole pour interpeller les responsables politiques. Il a déploré que « malgré les alertes répétées des enseignants et des services sociaux, rien n’a été fait pour empêcher ce drame ». La victime était scolarisée au collège de la commune et avait, selon des témoignages, déjà fait l’objet de signalements pour des faits de violences.
Des manifestations interdites mais maintenues
À Paris, le rassemblement devant le ministère de la Justice s’est tenu malgré une interdiction préfectorale. Les forces de l’ordre ont encadré la mobilisation sans faire usage de la force. Caroline Darian a justifié cette désobéissance : « On ne peut pas nous empêcher de pleurer nos enfants et de demander justice. »
Les réactions politiques
Plusieurs personnalités politiques ont réagi à l’affaire. L’eurodéputé François Bellamy a qualifié la justice française de « l’une des moins financées d’Europe », estimant que le manque de moyens est à l’origine des dysfonctionnements ayant conduit à la mort de Lyhanna. D’autres élus locaux et nationaux ont appelé à une réforme en profondeur de la protection de l’enfance.
Un contexte de colère nationale
Le meurtre de Lyhanna a suscité une vague d’indignation dans tout le pays. Des rassemblements ont également eu lieu devant d’autres tribunaux, notamment à Toulouse, Bordeaux et Lyon, pour dénoncer ce que les organisateurs appellent « une injustice de trop ». Les parents de la jeune fille, soutenus par plusieurs associations, ont annoncé leur intention de porter plainte contre l’État pour « non-assistance à personne en danger ».
Le parquet de Montauban a ouvert une enquête pour homicide volontaire. Un homme de 42 ans, déjà connu des services de police pour des faits de violences, a été mis en examen et placé en détention provisoire. Selon les premiers éléments de l’enquête, il aurait agi seul. Les investigations se poursuivent pour déterminer les circonstances exactes du drame et les éventuelles négligences des autorités.