À Washington, le bassin du Lincoln Memorial, récemment rénové pour un montant de plus de 14 millions de dollars, fait face à une prolifération d'algues qui le teintent en vert. Ce phénomène, survenu moins d'un jour après l'inauguration des travaux, contredit l'objectif affiché de lui rendre une couleur « bleu drapeau américain », à quelques semaines des célébrations du 250e anniversaire des États-Unis.
Les équipes du National Park Service ont entrepris des opérations de nettoyage. Mercredi matin, du peroxyde d'hydrogène a été déversé dans le bassin. Par ailleurs, le département de l'Intérieur met en œuvre une technologie de nanobulles d'ozone pour tenter de maîtriser la situation. Malgré ces efforts, les températures élevées attendues en fin de semaine pourraient aggraver le phénomène.
Des causes multiples
Plusieurs facteurs expliquent cette prolifération. Le réservoir d'eau alimentant le bassin provient du Tidal Basin, un plan d'eau voisin souvent sujet aux algues. Selon des responsables, la présence de ces dernières serait due à des « algues résiduelles issues des canalisations, restées en sommeil pendant huit semaines ». En période de forte concentration d'algues, l'alimentation est normalement basculée sur le réseau d'eau potable de la ville, mais il n'a pas été précisé quelle source était actuellement utilisée.
La météo joue également un rôle. Hans Paerl, ancien professeur à l'Institute of Marine Sciences de l'université de Caroline du Nord, explique que les températures élevées créent « une tempête parfaite pour que les algues prolifèrent ». L'eau stagnante, ajoute-t-il, aggrave le problème. Il souligne également un facteur plus large : le réchauffement climatique, qui favorise l'expansion de ces phénomènes à l'échelle mondiale.
Des travaux controversés
Les travaux de rénovation ont été confiés à une entreprise sans appel d'offres, laquelle n'avait jamais travaillé pour le gouvernement fédéral. Selon des informations rapportées, elle avait cependant œuvré sur des terrains de golf du président Donald Trump. Ce dernier a vanté les résultats, affirmant que la compagnie pourrait effectuer les réparations « en beaucoup moins de temps, pour beaucoup moins d'argent ».
Cette situation contraste avec la rénovation menée sous l'administration Obama, qui avait coûté 34 millions de dollars sur deux ans au début des années 2010. Aucun travaux majeurs n'avaient été entrepris sous l'administration Biden. Le président Trump a, à plusieurs reprises, avancé à tort que les administrations précédentes avaient dépensé « des centaines de millions de dollars » pour ce bassin, tout en utilisant des images générées par intelligence artificielle pour critiquer les démocrates concernant l'état de ce monument.
Un porte-parole du département de l'Intérieur a indiqué que la rénovation de l'ère Obama avait « entraîné l'apparition d'amas d'algues massifs à la surface du bassin », selon des propos rapportés.