Le bassin du Lincoln Memorial à Washington, récemment repeint en « bleu drapeau américain » pour le 250e anniversaire du pays, est confronté à une nouvelle déconvenue. Alors que l'administration avait annoncé avoir eu raison des algues qui verdissaient l'eau, des ouvriers du National Park Service s'affairaient encore vendredi à nettoyer les résidus de ces dernières. Mais un problème supplémentaire est apparu : de larges sections de la nouvelle peinture se détachent du béton.

Une peinture qui s'effrite

Des clichés pris sur place montrent d'importants morceaux de revêtement bleu flottant à la surface ou formant des îlots au milieu d'une eau brunâtre. Un visiteur, Alex Hobe, 52 ans, a même recueilli un éclat semi-transparent et rugueux. Il a qualifié la rénovation d'« échec complet », tout en exprimant sa sympathie pour les ouvriers qui, sous le soleil, tentaient de réparer les dégâts. L'une des zones dénudées est estimée à la taille d'un banc public, avec une feuille de peinture de plusieurs centimètres battue par les vagues. En dessous, le béton d'origine apparaît.

L'administration affirme avoir gagné la bataille des algues

Le département de l'Intérieur avait pourtant diffusé cette semaine sur les réseaux sociaux un message triomphal, affirmant que ses équipes avaient « tué les algues » et que l'eau était désormais « cristal ». Des images du Washington Monument se reflétant dans une eau d'un bleu profond accompagnaient cette communication, destinée à contrer les critiques d'experts qui estiment que la couleur ne pourra être durablement bleue sans résoudre les problèmes structurels du bassin. Cependant, vendredi après-midi, la réalité sur place était tout autre : l'eau était tachée d'amas d'algues, même là où les employés les avaient grattées.

Des problèmes structurels non résolus

Le bassin, vieux d'un siècle, souffre de multiples maux. Des canalisations fuient ou sont brisées, le déconnectant régulièrement de son système de filtration. Ces problèmes n'ont pas été traités par la récente rénovation, qui s'est contentée de solutions temporaires. Ainsi, cette semaine, les ouvriers ont ajouté du peroxyde d'hydrogène à l'eau pour tenter de tuer les algues. Des tuyaux pompant une eau vert acide vers les égouts pluviaux sillonnaient les abords du bassin, tandis que des systèmes de filtration et des pompes à essence tournaient à plein régime. Il n'était pas clair si ces travaux étaient liés à l'installation d'un système de purification de l'eau, un contrat sans appel d'offres ayant été attribué à une entreprise liée à un soutien de longue date du président Trump.

Un kaléidoscope de problèmes

Le bassin du Lincoln Memorial semble ainsi cumuler les difficultés : la peinture, inégalement appliquée au départ, se décolle ; les algues prolifèrent, avivées par la chaleur et l'humidité ; et les infrastructures essentielles restent défaillantes. Les promesses d'une eau « cristal » se heurtent à une réalité bien plus complexe, et le symbole national, censé briller pour le 250e anniversaire, ressemble davantage à un chantier permanent.