Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a reconnu ces dernières heures les difficultés rencontrées par les parents d’élèves confrontés à la fermeture massive d’écoles. Alors qu’un vague de chaleur exceptionnelle touche une grande partie du pays, plus de 6 000 établissements ont été contraints de fermer leurs portes ou d’aménager leurs horaires pour faire face aux températures extrêmes. Cette situation suscite une vive polémique, et plusieurs syndicats d’enseignants ont appelé à une journée de grève pour dénoncer les conditions de travail et l’absence de mesures de prévention adaptées.

Les syndicats enseignants haussent le ton Depuis plusieurs jours, les organisations syndicales dénoncent une gestion qu’elles jugent insuffisante de la part du ministère. Elles estiment que les décisions locales de fermeture, prises au cas par cas par les maires et les directeurs d’école, ne permettent pas de garantir la sécurité des élèves et du personnel. Le mouvement de grève, qui s’étend sur tout le territoire, vise à obtenir un plan d’urgence national, comprenant notamment le recours à la climatisation dans les salles de classe et la mise en place d’un protocole sanitaire clair en cas de canicule.

Le ministre reconnaît les difficultés Interrogé sur la situation, Edouard Geffray a souligné la complexité de l’organisation pour les familles, dont beaucoup se retrouvent sans solution de garde. « Nous avons conscience que cela n’est pas évident pour les parents, qui doivent parfois s’organiser au dernier moment », a-t-il déclaré. Le ministre a toutefois rappelé que la priorité reste la protection des enfants et du personnel, justifiant les fermetures massives par des impératifs de sécurité sanitaire. Il a aussi indiqué que des aménagements avaient été prévus pour les épreuves du brevet, afin de limiter l’impact sur la scolarité des élèves.

Un bilan en constante évolution Les chiffres communiqués par le ministère font état de plus de 1 350 écoles totalement fermées et de près de 4 000 établissements ayant adapté leurs horaires, soit un total de plus de 6 000 structures touchées. Ce bilan, qui évolue chaque jour en fonction des prévisions météorologiques, a été jugé « insuffisant » par les syndicats, qui réclament une cartographie nationale des établissements équipés de systèmes de rafraîchissement. De leur côté, les parents d’élèves s’organisent comme ils le peuvent, entre recours au télétravail et solutions de garde improvisées.

Le débat sur la climatisation refait surface Edouard Geffray a également été interrogé sur l’absence de climatisation dans la plupart des écoles françaises. Il a expliqué que des investissements étaient en cours, mais que leur généralisation prendrait du temps. « Nous ne pouvons pas équiper l’ensemble des 60 000 établissements du jour au lendemain », a-t-il justifié. Les syndicats, eux, estiment que ces annonces arrivent trop tard et que la priorité doit être donnée à des mesures immédiates, comme l’aménagement des horaires ou la possibilité de dispenser les cours à distance.

Une situation qui divise La gestion de la canicule par le ministère de l’Éducation nationale cristallise les tensions. Si certains maires saluent la liberté laissée aux collectivités, d’autres dénoncent un manque de coordination. À l’approche des vacances scolaires, ce nouvel épisode de chaleur extrême relance le débat sur l’adaptation du système éducatif aux conséquences du changement climatique. Les prochains jours s’annoncent décisifs, avec de nouvelles annonces attendues du ministère et une possible intensification du mouvement de grève.