Alors que la France connaît une recrudescence des vagues de chaleur, le ministère de l'Éducation nationale a communiqué un ensemble de directives actualisées concernant la gestion des écoles lors des épisodes caniculaires. Ce texte, qui s'appuie sur le plan national de gestion des vagues de chaleur, vient expliciter les responsabilités des différents acteurs locaux en matière de fermeture des établissements.

Des seuils météorologiques désormais clairement établis

La circulaire ministérielle distingue plusieurs niveaux d'alerte en fonction des températures prévues par Météo-France. En cas de vigilance orange canicule, les maires et les directeurs d'école sont invités à adapter le fonctionnement des établissements sans pour autant prononcer une fermeture systématique. Des mesures d'atténuation sont recommandées : aménagement des horaires, limitation des activités physiques, maintien des salles de classe au frais.

En revanche, le déclenchement de l'alerte rouge canicule entraîne des décisions plus fermes. Le document précise que c'est le préfet de département qui peut, après avis du maire et en lien avec l'inspection académique, ordonner la fermeture des écoles, collèges et lycées. Les maires conservent toutefois la possibilité de fermer les établissements du premier degré dont ils sont responsables.

Responsabilités partagées entre l'État et les collectivités

Les sources consultées indiquent que le texte vise à clarifier un partage des compétences qui pouvait auparavant prêter à confusion. Ainsi, pour les écoles primaires et maternelles, la décision de fermeture relève du maire, tandis que pour les collèges et lycées, le préfet est compétent. Cette répartition est présentée comme un moyen d'assurer une gestion de proximité tout en conservant une coordination au niveau départemental.

Les parents d'élèves doivent être informés le plus en amont possible par les directeurs d'établissement ou par les services municipaux. La circulaire insiste sur la nécessité de communiquer « au moins la veille de la fermeture effective » afin de permettre aux familles de s'organiser.

Examens et activités périscolaires concernés

Les épreuves du baccalauréat, du brevet et autres examens nationaux font l'objet de dispositions particulières. En cas de canicule, les centres d'examen doivent être rafraîchis, et des pauses supplémentaires peuvent être accordées aux candidats. Le report d'une épreuve ne peut être décidé que par le ministre de l'Éducation nationale lui-même, après avis des autorités sanitaires.

Les activités périscolaires et les sorties scolaires sont également encadrées. Les fêtes de fin d'année scolaire ou les kermesses en extérieur doivent être annulées ou reportées si les prévisions météorologiques indiquent un risque sanitaire.

Précédents et polémiques

Ces précisions interviennent après plusieurs semaines de débats sur la conduite à tenir lors des vagues de chaleur. Au printemps dernier, une proposition de fermeture généralisée des écoles avait été écartée par le ministère, au motif que les établissements scolaires constituent des « lieux de protection » pour les enfants et permettent de garantir la continuité pédagogique. Ce choix avait suscité des interrogations chez certains parents et élus locaux, qui estimaient que les bâtiments scolaires n'étaient pas toujours adaptés aux fortes chaleurs.

La nouvelle circulaire a été adressée aux recteurs d'académie et aux préfets, qui sont chargés de la décliner localement. Des sessions d'information sont prévues dans les prochains jours pour les personnels de direction et les maires.

Une préparation renforcée face au changement climatique

Le ministère justifie cette mise à jour par l'augmentation de la fréquence et de l'intensité des canicules en France. L'objectif affiché est de « concilier la sécurité des élèves et la nécessité de maintenir autant que possible la scolarité en présentiel ». Les syndicats d'enseignants, tout en saluant une clarification bienvenue, appellent à des investissements plus importants dans la rénovation thermique des bâtiments scolaires.

Dans l'immédiat, les préfets sont invités à prendre leurs décisions en coordination avec les services de Météo-France et les agences régionales de santé. La population peut consulter les consignes détaillées sur le site du ministère et auprès des mairies.