Le sultanat d'Oman et la République islamique d'Iran ont officialisé leur accord pour examiner les aspects financiers de la gestion du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour le transport de près d'un tiers du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux. Cette décision intervient dans un contexte de tensions persistantes autour du contrôle et de la réouverture de ce passage, partiellement bloqué depuis plusieurs semaines.
Les autorités des deux pays ont indiqué qu'une commission technique bilatérale serait constituée afin d'évaluer les coûts opérationnels et sécuritaires associés à la gestion de ce corridor. Les discussions porteront notamment sur les infrastructures de navigation, la surveillance maritime et les dispositifs de sûreté nécessaires pour garantir un transit fluide et sécurisé. Aucun montant précis n'a pour l'instant été avancé, et les modalités de répartition des éventuels frais n'ont pas été détaillées.
Un accord dans un climat de regain de tensions
Cette annonce survient alors que la navigation dans le détroit d'Ormuz connaît une reprise très progressive après plusieurs semaines de blocage. Un navire gazier français a récemment franchi le passage pour la première fois depuis la signature de l'accord entre Washington et Téhéran. Néanmoins, la situation reste fragile, le négociateur iranien Ghalibaf ayant réaffirmé que son pays administrerait le détroit, tandis que les États-Unis et plusieurs puissances européennes appellent à une réouverture complète et sans conditions restrictives.
Le sultanat d'Oman, qui entretient des relations diplomatiques étroites avec l'Iran tout en étant un allié des États-Unis, joue un rôle de médiateur dans ce dossier. Mascate a déjà facilité par le passé des discussions entre Téhéran et les Occidentaux sur des questions nucléaires et régionales.
Des frais de passage toujours en débat
La question des coûts de passage dans le détroit d'Ormuz fait l'objet de divergences entre les parties prenantes. Le président américain Donald Trump avait proposé un « péage » américain pour les navires empruntant cette route, une idée rejetée à la fois par Paris et par Téhéran. Le président français Emmanuel Macron avait de son côté écarté cette notion, tout en promettant une reprise rapide du trafic.
L'annonce de la commission conjointe omano-iranienne semble viser à définir un cadre technique et financier acceptable pour les deux pays riverains, sans intégrer pour l'instant les acteurs extérieurs. Les experts estiment que les coûts annuels de gestion et de sécurisation du détroit se chiffrent en centaines de millions de dollars, incluant le balisage, la régulation du trafic, la lutte contre la piraterie et les opérations de déminage.
Un enjeu économique et stratégique mondial
Le détroit d'Ormuz, large d'une trentaine de kilomètres à son point le plus étroit, voit transiter chaque jour environ 20 millions de barils de pétrole brut et de produits raffinés, soit près de 30 % du commerce maritime mondial d'hydrocarbures. Toute perturbation prolongée de ce passage a des conséquences directes sur les prix de l'énergie et la sécurité énergétique des pays importateurs, notamment en Asie et en Europe.
Les marchés pétroliers ont été volatils ces dernières semaines, les opérateurs redoutant une escalade militaire dans la région du Golfe. L'accord entre Mascate et Téhéran pourrait contribuer à rassurer les compagnies maritimes et les assureurs, qui hésitent encore à envoyer leurs navires dans une zone perçue comme risquée.
La prochaine étape consistera pour la commission technique à produire un rapport détaillant les besoins financiers et les options de financement. Aucune date de remise de ce rapport n'a été communiquée.