Les tensions dans le détroit d'Ormuz connaissent un nouvel épisode. Jeudi 25 juin, un cargo a été endommagé par un projectile d'origine inconnue alors qu'il se trouvait à 7,5 milles nautiques (14 kilomètres) au sud-est de Dahit, sur la péninsule omanaise de Musandam. Le navire avait choisi d'emprunter une route alternative à celle traditionnellement utilisée au centre du détroit, longeant les eaux territoriales d'Oman.

Cette voie avait été présentée comme une option plus sûre par le Joint Maritime Information Center (JMIC), un centre d'information navale soutenu par le gouvernement américain. Dans une recommandation émise le 18 juin, l'organisation affirmait que cet itinéraire était « exempt de mines », contrairement au couloir central habituellement emprunté par les navires.

Un passage à haut risque

L'incident remet en question la fiabilité de cette route de contournement. « Ce passage existait déjà jusque-là, mais il était peu emprunté car il longe le littoral et présente davantage de risques du point de vue de la sécurité », explique Dirk Siebels, spécialiste de la sécurité maritime au cabinet Risk Intelligence. « Si quelque chose se passe mal à bord, une panne de moteur, une défaillance du gouvernail ou tout autre incident, vous êtes relativement proche du rivage et vous disposez de très peu d'espace pour manœuvrer », ajoute-t-il.

Le détroit d'Ormuz, large d'à peine 33 kilomètres à son point le plus étroit, est un goulet d'étranglement stratégique pour le transport maritime mondial. En temps normal, la navigation y est régulée par un « système de séparation du trafic » mis en place par l'Organisation maritime internationale (OMI) dès 1968, comparable à « une sorte d'autoroute maritime au milieu du détroit », selon Dirk Siebels. Deux couloirs de circulation, séparés par une zone tampon, permettent aux navires d'entrer et de sortir du Golfe en limitant les risques de collision.

La menace iranienne plane

Les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, avaient prévenu que seuls les itinéraires maritimes désignés par l'Iran seraient autorisés à la navigation. Toute traversée du détroit d'Ormuz en dehors du cadre défini par Téhéran « ne bénéficiera pas des garanties de passage sécurisé », avait averti l'institution militaire.

L'attaque du cargo intervient dans un contexte de bras de fer entre Téhéran et Washington. Depuis plusieurs mois, les tensions autour du détroit d'Ormuz ont entraîné le blocage de centaines de navires, la suspension d'opérations d'évacuation de marins par l'ONU et une reprise timide du trafic après la conclusion d'un accord irano-américain.