Le président américain Donald Trump doit remettre dimanche le trophée de la Coupe du Monde 2026 au vainqueur de la finale entre l'Argentine et l'Espagne. Vendredi, lors d'une réception de la FIFA à la Trump Tower à New York, il a estimé que les États-Unis s'étaient révélés être une « nation de soccer » et que le tournoi « avait vraiment rassemblé le monde ».

Pour la Maison-Blanche, cette finale est l'aboutissement de plus d'un an de défis logistiques, en coordination avec le Canada et le Mexique, coorganisateurs de ce qui a été la plus grande Coupe du Monde de l'histoire. L'administration a dû composer avec ses propres politiques migratoires strictes, qui ont exclu des supporters de plusieurs pays qualifiés au Mondial, suscitant des mises en garde de la part d'organisations de défense des droits humains.

Un tournoi marqué par des polémiques

Parmi les épisodes les plus controversés, le président a personnellement fait appel auprès de la FIFA pour obtenir l'annulation de la suspension d'un joueur américain, Folarin Balogun, après qu'il avait écopé d'un carton rouge. Plusieurs voix dénoncèrent alors une ingérence politique dans les décisions sportives.

La compétition a également été entachée par le refus de visa opposé à un arbitre somalien, pourtant reconnu pour la qualité de son travail, qui n'a pu entrer sur le territoire américain. Le gouvernement a aussi dû gérer les conséquences de la guerre engagée par Trump contre l'Iran : l'équipe iranienne, dont les supporters et une partie du personnel étaient interdits d'accès aux États-Unis, a été contrainte de s'installer de l'autre côté de la frontière, à Tijuana, au Mexique.

Des tensions économiques et un bilan nuancé

Pendant des mois, Donald Trump a agité la menace de déplacer des matchs des villes ne coopérant pas avec les autorités fédérales en matière d'immigration. Dans les semaines précédant le coup d'envoi, des conflits ont éclaté entre les municipalités hôtes et la FIFA au sujet du coût élevé des transports, attisant les tensions. Les prix très élevés des billets ont également suscité des critiques.

En dépit de ces difficultés, le président a choisi de souligner l'engouement suscité par le tournoi. « Il s'est avéré que nous étions un pays de soccer, et je pense que cela va perdurer », a-t-il déclaré, pointant l'afflux de supporters du monde entier, les célébrations et les traditions américaines (bière, ranch dressing) qui ont inondé les réseaux sociaux.

Un héritage en débat

À l'heure du bilan, les observateurs divergent sur l'impact de cette Coupe du Monde américaine. D'un côté, la ferveur populaire et le succès d'organisation ont dépassé les attentes dans de nombreuses villes. De l'autre, les entraves migratoires, l'intervention présidentielle dans le jeu et le contexte géopolitique de la guerre avec l'Iran laissent un goût amer aux défenseurs d'un sport « inclusif ». Le match de dimanche entre l'Argentine et l'Espagne viendra clore ce chapitre contrasté de l'histoire du football mondial.