La Coupe du Monde 2026 s'est achevée sur une note résolument politique et prospective. À l'issue de la finale, le président des États-Unis, Donald Trump, et le président de la Fédération internationale de football association (FIFA), Gianni Infantino, ont conjointement porté le trophée de la compétition jusqu'à l'équipe d'Espagne, vainqueur du tournoi. Ce geste symbolique, largement relayé, a offert une vitrine mondiale à une alliance entre le pouvoir politique américain et l'instance dirigeante du football.

Dans une déclaration prononcée après la rencontre, Donald Trump s'est félicité du déroulement de l'événement, estimant que cette Coupe du Monde « a rassemblé le monde ». Le chef de l'État a souligné l'enthousiasme des foules et la réussite organisationnelle, sans évoquer directement les multiples controverses qui ont émaillé la préparation et le déroulement du tournoi, qu'il s'agisse de questions d'immigration, de droits humains ou de sponsoring.

Vers une nouvelle candidature américaine

Au-delà de l'hommage à l'édition 2026, l'attention s'est rapidement portée sur l'avenir. Gianni Infantino, présent aux côtés de Donald Trump, a multiplié les signaux en faveur d'un retour précoce de la compétition sur le sol américain. Selon des observateurs proches des discussions, l'hypothèse d'une organisation de la Coupe du Monde 2038 par les États-Unis est prise très au sérieux au sein de la FIFA. L'instance dirigeante y verrait une opportunité de capitaliser sur les infrastructures déjà en place et sur l'engouement suscité par l'édition 2026, la première à se dérouler sur trois pays (États-Unis, Canada, Mexique).

« Il ne fait aucun doute que les États-Unis ont démontré leur capacité à accueillir un événement de cette ampleur avec succès », aurait confié une source proche de la FIFA, confirmant que des discussions préliminaires sont en cours. Le scénario de 2038, bien qu'encore lointain, permettrait de contourner la règle non écrite d'alternance continentale, l'Afrique (Maroc 2030) et l'Europe (édition à déterminer) occupant probablement les prochains cycles.

Un succès populaire contrasté

Sur le plan sportif, l'édition 2026 a tenu ses promesses avec des affiches spectaculaires et une affluence record dans les stades américains. Les villes hôtes, qui avaient initialement exprimé des craintes logistiques et sécuritaires, ont finalement salué l'impact économique et l'enthousiasme des supporters venus du monde entier. Plusieurs bars et fan zones, notamment à Boston, Seattle ou Miami, ont rapporté une fréquentation bien supérieure aux prévisions.

Cependant, l'ombre des polémiques n'a jamais vraiment disparu. Dès l'annonce de l'attribution du tournoi en 2018, des voix critiques avaient dénoncé un « appel d'argent éhonté » et une instrumentalisation politique du sport. Les restrictions migratoires imposées par l'administration Trump, les tensions diplomatiques avec certains pays participants et le rôle controversé de certains sponsors ont alimenté les débats tout au long de la compétition.

Infantino, acteur clé du rapprochement

Gianni Infantino, dont le mandat à la tête de la FIFA a été marqué par une volonté de développer le football aux États-Unis, apparaît comme l'artisan principal de ce rapprochement. Sa proximité affichée avec Donald Trump lors de la cérémonie de clôture illustre une stratégie de consolidation des liens entre l'organisation zurichoise et la première puissance économique mondiale. Pour Infantino, un retour rapide de la Coupe du Monde aux États-Unis garantirait des recettes commerciales colossales et renforcerait la légitimité de la FIFA après les scandales de corruption du passé.

Reste à savoir si le Congrès américain et l'opinion publique suivront. Si Donald Trump a quitté la Maison-Blanche depuis janvier 2025, son influence sur le parti républicain et sur la politique sportive américaine reste considérable. La perspective d'une nouvelle Coupe du Monde en 2038 pourrait être un argument électoral de poids, même si l'échéance dépasse largement son propre horizon politique.

L'Espagne sacrée, un symbole

Sur le plan purement sportif, le triomphe de l'Espagne a offert une conclusion prestigieuse à un tournoi qui restera dans les mémoires pour son ampleur et ses contradictions. La « Roja » a confirmé son statut de grande nation du football en remportant un deuxième titre mondial après 2010, dans un style offensif qui a séduit les foules américaines. Le capitaine espagnol a reçu le trophée des mains de Trump et Infantino, scellant l'image d'une Coupe du Monde à la fois américaine et globale.

Alors que les projecteurs s'éteignent sur l'édition 2026, les spéculations sur l'avenir ne font que commencer. La possibilité d'un retour aux États-Unis en 2038, évoquée par plusieurs analystes, transformerait la donne géopolitique du football mondial. Pour la FIFA, il s'agirait d'un pari risqué mais potentiellement très lucratif. Pour les États-Unis, ce serait l'occasion de consolider leur place comme terre d'accueil du sport planétaire, malgré les résistances internes et internationales.