La récente escalade de violences dans le détroit d'Ormuz trouve son origine dans les zones d'ombre d'un accord signé il y a moins de deux semaines entre les États-Unis et l'Iran. Alors que les hostilités viennent de connaître un regain, avec une attaque iranienne contre un porte-conteneurs suivie d'une riposte américaine, puis d'une attaque aux drones contre Bahreïn, les observateurs pointent désormais les failles du texte.

Le mémorandum d'entente, conclu en juin, prévoit que l'Iran doit « faire des arrangements en utilisant ses meilleurs efforts pour assurer le passage en toute sécurité des navires commerciaux » par le détroit d'Ormuz, et ce pendant soixante jours. Mais les termes « arrangements » et « meilleurs efforts » n'y sont pas définis, laissant une large place à l'interprétation.

Téhéran a choisi la sienne : la République islamique estime que cette formulation lui confère le droit de déterminer les routes que doivent emprunter les bâtiments. Quelques heures avant de frapper un porte-conteneurs, jeudi 25 juin, les autorités iraniennes avaient averti les navires que la seule voie autorisée traversait leurs eaux territoriales. Une tentative de décourager l'utilisation d'un itinéraire alternatif, plus au sud, longeant les côtes omanaises et soutenu par les États-Unis.

« Permettre au trafic de circuler librement sur une route que l'Iran n'a ni désignée ni contrôlée éroderait le principal moyen de pression de Téhéran, explique Hamidreza Azizi, expert en sécurité iranien à l'Institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité. Cela établirait, en termes opérationnels, que le détroit peut être traversé sans l'autorisation de l'Iran. »

En représailles à l'attaque du cargo, les forces américaines ont mené dans la nuit de vendredi à samedi des frappes contre des sites de stockage de missiles et de drones iraniens, ainsi que des installations radar côtières. Peu après, le royaume de Bahreïn signalait avoir été visé par des drones iraniens, sans que l'ampleur des dégâts ne soit encore précisée.

Cette nouvelle séquence montre que la formulation vague de l'accord, loin d'apaiser les tensions, a ravivé les interprétations antagonistes. Washington avait espéré geler la situation pendant deux mois, le temps de négocier un volet nucléaire. Mais les imprécisions du texte, notamment sur le contrôle des voies maritimes, semblent avoir offert une fenêtre de manœuvre à Téhéran.

Les prochains jours devraient être décisifs : les États-Unis ont averti qu'ils continueraient à protéger la navigation dans le détroit, tandis que l'Iran maintient sa position sur le choix des routes. La communauté internationale, déjà préoccupée par la flambée des prix du pétrole, redoute une confrontation directe dans l'une des artères les plus stratégiques du commerce mondial.