Un revirement partiel dans la politique d'encadrement de l'IA
Le gouvernement des États-Unis vient d'autoriser l'entreprise Anthropic à remettre en service son modèle d'intelligence artificielle Mythos, mais uniquement pour un nombre limité de partenaires basés sur le territoire américain. Cette décision marque un assouplissement notable de l'embargo imposé depuis plusieurs semaines par les autorités fédérales.
Mythos, considéré comme le modèle le plus puissant développé par Anthropic, avait été brutalement désactivé à la mi-juin à la suite d'alertes sur une faille de sécurité majeure. Le patron d'Amazon aurait informé Washington de cette vulnérabilité, ce qui avait conduit à une suspension totale de l'accès, y compris pour des entités gouvernementales comme la National Security Agency (NSA).
Un accès rétabli sous conditions
La nouvelle autorisation ne concerne qu'un groupe restreint d'acteurs américains sélectionnés par l'administration. Les critères précis de cette sélection n'ont pas été rendus publics. Cette mesure intervient après que des experts en cybersécurité et la Commission européenne ont vivement critiqué le blocage initial, le qualifiant de mesure discriminatoire et contre-productive pour la recherche.
Pour les autres utilisateurs, notamment les agences de renseignement non incluses dans le cercle autorisé, l'accès à Mythos reste interdit. La décision de la Maison-Blanche semble donc ouvrir une brèche dans l'isolement complet du modèle, tout en maintenant un contrôle strict.
Un test de sécurité controversé
Rappelons que quelques jours avant le blocage, Mythos avait réussi à pénétrer les systèmes de la NSA lors d'un test supervisé, accentuant les craintes sur les capacités autonomes de l'IA. Cet incident avait été l'un des déclencheurs de la décision de suspendre le modèle.
Le rétablissement partiel de Mythos soulève des interrogations sur l'équilibre entre innovation technologique et sécurité nationale. Alors que certains saluent la réouverture comme un signe de pragmatisme, d'autres redoutent que les garde-fous mis en place ne soient pas suffisants pour prévenir de futures fuites ou cyberattaques.