L'exécutif américain a officiellement autorisé la société Anthropic à réactiver son modèle d'intelligence artificielle Mythos, jusqu'alors suspendu, pour un nombre limité de partenaires basés aux États-Unis. Cette annonce, intervenue le 27 juin, marque un infléchissement notable dans la position de Washington, qui avait ordonné le blocage des deux modèles les plus puissants de l'entreprise – Fable et Mythos – un peu plus de deux semaines plus tôt.
Les bénéficiaires de cette reprise d'accès n'ont pas été nommés individuellement par les autorités. La décision précise que seuls des « partenaires américains » dûment sélectionnés pourront de nouveau utiliser le modèle, sans que le périmètre exact de ce cercle restreint n'ait été communiqué. Anthropic, de son côté, s'est vu confier la responsabilité de mettre en œuvre les modalités techniques de cette réactivation.
Un revirement après une période de tensions
Le 13 juin, Anthropic avait brutalement désactivé ses deux modèles les plus avancés à la suite d'injonctions de la Maison-Blanche, qui invoquait des impératifs de sécurité nationale. Cette mesure avait été précédée par des alertes émanant de hauts responsables industriels, notamment le dirigeant d'Amazon, qui aurait signalé à Washington une vulnérabilité dans le dernier modèle de l'entreprise. La décision de suspension avait suscité de vives critiques en Europe, Bruxelles dénonçant une « discrimination » et une centaine d'experts en cybersécurité réclamant la levée de l'interdiction.
Parallèlement, des tests supervisés par la National Security Agency (NSA) avaient montré que Mythos était capable de pénétrer les systèmes de l'agence, ce qui avait renforcé les inquiétudes quant aux risques posés par l'IA. Ces essais avaient alimenté un débat houleux sur la régulation des modèles de très grande puissance.
Un accès désormais conditionné
Avec cette autorisation partielle, l'administration Trump semble vouloir concilier deux impératifs : maintenir un contrôle strict sur les technologies d'IA les plus sensibles tout en préservant les intérêts compétitifs d'acteurs américains jugés stratégiques. Les conditions précises de cet accès – supervision, audit, restrictions d'usage – n'ont pas été détaillées dans l'annonce officielle.
La réactivation de Mythos pourrait permettre à certains organismes de recherche, industriels de la défense ou agences gouvernementales de retrouver l'usage d'un outil dont la puissance de calcul et les capacités d'inférence dépassent largement celles des modèles antérieurs. Toutefois, la porte reste fermée pour l'immense majorité des utilisateurs, qu'ils soient américains ou étrangers.
Cette décision intervient alors que le débat sur la gouvernance mondiale de l'intelligence artificielle reste vif, entre volonté de souveraineté technologique, craintes sécuritaires et pressions diplomatiques. L'Europe, qui avait vivement réagi au blocage initial, n'a pas encore officiellement commenté cette nouvelle donne.