Accès restreint mais persistant au modèle vedette

Bien que les modèles d'intelligence artificielle les plus puissants de la start-up Anthropic aient été officiellement interdits d'accès depuis plusieurs jours, une enquête révèle que Claude Mythos, le modèle le plus avancé de l'entreprise, demeure accessible pour un cercle restreint de privilégiés. Ces utilisateurs, dont le nombre exact n'a pas été divulgué, peuvent toujours interagir avec le système d'IA, contrairement à la très grande majorité des clients d'Anthropic.

Une mesure de sécurité nationale aux applications sélectives

Les autorités américaines ont exigé le blocage des modèles Fable et Mythos d'Anthropic, invoquant des impératifs de sécurité nationale. Ces restrictions ont été justifiées par la crainte que des acteurs étrangers, notamment chinois, puissent exploiter ces technologies avancées à des fins de renseignement ou de développement militaire. La décision a été prise après qu'une vulnérabilité a été portée à l'attention de Washington, via une communication du directeur général d'Amazon, l'un des principaux investisseurs et partenaires d'Anthropic.

Une exception qui soulève des questions

La persistance de l'accès au modèle Mythos pour certains utilisateurs interrogé sur les critères ayant présidé à cette décision. S'agit-il de partenaires institutionnels, de laboratoires de recherche agréés ou de clients ayant souscrit à des contrats spécifiques ? Anthropic n'a pas communiqué officiellement sur la nature de ces accès résiduels. Cette situation intervient alors que des experts en cybersécurité et la Commission européenne ont vivement critiqué l'interdiction, la qualifiant de « discrimination » et appelant à une levée du blocage.

Des réactions contrastées

D'un côté, des spécialistes de la sécurité estiment que maintenir un accès même limité à Mythos expose à des risques de fuite ou de détournement de la technologie. De l'autre, des observateurs soulignent que couper totalement l'accès à ces modèles pourrait handicaper la recherche et le développement en intelligence artificielle en Europe. Bruxelles a saisi les autorités américaines pour dénoncer ce qu'elle considère comme une entrave à la concurrence et à l'innovation.

Un précédent inquiétant ?

Ce cas pourrait créer un précédent dans la régulation des intelligences artificielles les plus puissantes. Si des exceptions sont accordées à certains acteurs sans transparence, le risque est grand de voir émerger un système à plusieurs vitesses, où les gouvernements et les grandes entreprises pourraient contourner des mesures présentées comme universelles. La question de la sécurité nationale, invoquée par Washington, mériterait d'être encadrée par des critères précis et publics, plaident plusieurs observateurs.

Quelles suites attendre ?

Pour l'heure, Anthropic n'a pas indiqué si cet accès résiduel serait maintenu ou étendu. Les autorités américaines n'ont pas commenté cette information. La pression monte sur l'entreprise et sur le gouvernement des États-Unis pour clarifier les conditions d'utilisation des modèles d'IA les plus sensibles. Les débats en cours à Bruxelles et dans les enceintes internationales devraient contraindre à une plus grande transparence dans les mois à venir.