Recomptage refusé
Le candidat de gauche Roberto Sánchez a annoncé, vendredi 13 juin, qu'il proposait à sa concurrente Keiko Fujimori de demander conjointement un nouveau décompte de l'ensemble des suffrages exprimés lors du second tour de l'élection présidentielle. Cette offre a été immédiatement rejetée par l'équipe de campagne de la candidate de droite, qui estime que les résultats actuels sont fiables.
Un scrutin au coude-à-coude
Depuis la clôture du scrutin, les deux camps sont donnés au coude-à-coude. Les premiers décomptes officiels ne permettent pas de départager clairement les deux prétendants à la magistrature suprême. L'écart entre Roberto Sánchez et Keiko Fujimori est si faible qu'aucun des deux ne peut revendiquer la victoire avec certitude.
La proposition du candidat de gauche
Roberto Sánchez, candidat de la formation Juntos por el Perú, a déclaré qu'il souhaitait « garantir la transparence du processus électoral » en procédant à un recomptage manuel de l'ensemble des bulletins de vote. Il a invité sa rivale à se joindre à cette demande, afin que les deux parties puissent valider ensemble l'intégrité du scrutin. Selon son entourage, cette démarche vise à dissiper tout doute sur la régularité des opérations électorales.
La réponse de Keiko Fujimori
Le camp de Keiko Fujimori, candidate du parti Fuerza Popular, a rapidement opposé une fin de non-recevoir. Ses porte-parole ont estimé que le dépouillement s'était déroulé de manière correcte et que les résultats partiels étaient suffisamment solides pour ne pas nécessiter un nouveau décompte. Ils considèrent que la proposition de Sánchez relève davantage d'une manœuvre politique que d'une nécessité technique.
Des tensions croissantes
Ce désaccord intervient dans un climat de forte polarisation. Les partisans des deux camps se sont mobilisés dans plusieurs villes, certains exprimant leur inquiétude face à la perspective d'une longue période d'incertitude. Des observateurs internationaux présents sur place ont appelé à la retenue et au respect des procédures légales.
Prochaines étapes
L'Office national des processus électoraux (ONPE) poursuit actuellement le dépouillement des derniers bulletins. La loi péruvienne prévoit que tout candidat peut demander un recomptage partiel ou total, sous certaines conditions. En l'absence d'accord entre les deux camps, la décision finale reviendra aux autorités électorales, qui devront se prononcer sur la validité des résultats et, le cas échéant, sur la nécessité d'un nouveau décompte.
Un pays divisé
Cette présidentielle révèle une fois de plus les profondes fractures de la société péruvienne. D'un côté, Roberto Sánchez incarne une gauche qui promet davantage de justice sociale et de redistribution des richesses. De l'autre, Keiko Fujimori s'appuie sur un électorat conservateur et favorable à une ligne dure en matière de sécurité et d'économie. Le résultat du scrutin, quel qu'il soit, s'annonce comme un défi pour l'unité nationale.
Réactions internationales
Plusieurs capitales étrangères suivent de près l'évolution de la situation. Des diplomates basés à Lima ont exprimé leur préoccupation face à la possibilité d'une crise post-électorale prolongée. Ils appellent les deux candidats à privilégier le dialogue et à recourir aux voies légales pour résoudre leurs différends.