Le directeur général de l'Agence africaine de prévention et de contrôle des maladies (Afrique CDC) a lancé un avertissement sévère, jeudi 25 juin, sur la situation sanitaire dans l'est de la République démocratique du Congo. Selon le docteur Jean Kaseya, si l'épidémie d'Ebola n'est pas enrayée rapidement, elle pourrait devenir la plus grave jamais recensée sur le continent.

« Si nous n'arrêtons pas cette flambée maintenant, pour sûr elle deviendra la plus grande épidémie d'Ebola de l'histoire », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Cette mise en garde intervient alors que les équipes sanitaires peinent à suivre la propagation du virus.

Le traçage des contacts, procédé fondamental pour briser les chaînes de transmission, est dangereusement en retard. Le docteur Kaseya a indiqué qu'il faudrait parvenir à identifier et suivre 80 % des personnes ayant été en contact avec un patient confirmé pour espérer contrôler l'épidémie. Or, ce taux n'atteint actuellement que 30 %.

« Il y a une énorme, énorme transmission communautaire », a-t-il ajouté, précisant que la majorité des personnes testées positives dans la province de l'Ituri, épicentre de l'épidémie, ne sont pas connues des autorités sanitaires. Ce déficit de surveillance rend difficile l'isolement des malades avant qu'ils ne contaminent d'autres personnes.

Pour tenter de combler ce retard, les agences sanitaires recrutent 20 000 travailleurs rémunérés, issus pour beaucoup des communautés affectées. Ils seront formés dans les semaines à venir aux tâches de traçage des contacts, à la sensibilisation de la population sur les gestes de protection, ainsi qu'à la conduite d'enterrements sécurisés, essentiels pour éviter la contamination lors des rites funéraires.

L'Afrique CDC insiste sur l'urgence d'agir maintenant. L'épidémie, qui sévit dans une région déjà fragilisée par des déplacements massifs de population et un accès humanitaire limité, menace de dépasser tous les précédents historiques si les mesures de contrôle ne sont pas renforcées.

Les autorités congolaises et les partenaires internationaux sont appelés à intensifier leur soutien pour éviter une catastrophe sanitaire. Le recrutement massif de traceurs locaux est présenté comme une réponse concrète pour améliorer la détection et l'isolement des cas, mais le chemin reste long pour atteindre l'objectif des 80 % de contacts suivis.