Les autorités sanitaires congolaises ont fait état, dimanche 31 mai, de 282 cas confirmés d'infection au virus Ebola dans le cadre de l'épidémie en cours dans l'est du pays. Selon le ministère de la Santé, la province de l'Ituri reste l'épicentre de la flambée, avec 264 des cas confirmés. Au total, plus d'un millier de cas suspects ont été répertoriés, tous liés à la souche Bundibugyo, pour laquelle il n'existe ni traitement homologué ni vaccin autorisé.
Cette annonce intervient alors que le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a effectué une visite à Bunia, chef-lieu de l'Ituri, le même jour. Il y a rencontré des agents de santé au Centre médical évangélique (CEM), quelques jours après avoir alerté sur une « collision catastrophique » entre la progression du virus et les violences armées qui secouent la région.
Les défis de la réponse sanitaire
Le ministère de la Santé a identifié plusieurs obstacles majeurs à l'endiguement de l'épidémie. La détection précoce des cas et leur isolement rapide restent difficiles, de même que le suivi rigoureux des contacts. Les inhumations sécurisées et dignes, ainsi que le renforcement des mesures de prévention et de contrôle des infections dans les établissements de soins, figurent également parmi les priorités.
L'accès aux zones touchées est entravé par l'insécurité, alors que des groupes armés opèrent dans l'est de la République démocratique du Congo. Les équipes d'intervention peinent à atteindre certaines communautés pour effectuer la surveillance épidémiologique et administrer les soins.
Des survivants témoignent
Plusieurs personnes ayant survécu à la maladie ont exprimé leur indescriptible joie d'avoir été guéries. Ces récits, recueillis dans les centres de traitement, illustrent l'impact humain de l'épidémie et la résilience des malades face à un virus très contagieux.
Depuis le début de l'épidémie, l'OMS et les autorités congolaises multiplient les appels à la communauté internationale pour obtenir des ressources supplémentaires, notamment des kits de diagnostic, des équipements de protection et des équipes médicales spécialisées. La souche Bundibugyo, moins connue que le Zaïre, nécessite des approches spécifiques, car les outils disponibles pour d'autres souches ne sont pas adaptés.
Situation épidémiologique
Avec 282 cas confirmés, l'épidémie actuelle est l'une des plus importantes depuis celle de 2018-2020 dans la même région, qui avait fait plus de 2 200 morts. Les autorités sanitaires redoutent une accélération de la transmission si les mesures de contrôle ne sont pas renforcées rapidement. Le conflit armé complique la logistique et réduit la confiance des populations envers les équipes médicales, certains habitants fuyant les zones de combat.
Le gouvernement congolais, appuyé par l'OMS, a lancé une campagne de sensibilisation dans les langues locales afin d'encourager la déclaration des symptômes et l'acceptation des protocoles de prise en charge. Mais sans accès sécurisé, ces efforts restent limités.