Un foyer particulièrement préoccupant

C'est dans l'orphelinat Saint-Nicolas, situé dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), que s'est déclaré un nouveau foyer de l'épidémie d'Ebola. L'établissement, qui accueille près de soixante-dix enfants ainsi que leurs accompagnateurs, a été le théâtre d'une propagation rapide du virus, ciblant les plus vulnérables. Selon les informations disponibles, au moins deux nourrissons sont décédés après avoir contracté la maladie.

La chaîne de contamination

Les faits remontent à la fin mai dernier. Une petite fille prénommée Patience, née quelques jours plus tôt, a été admise à l'orphelinat alors qu'elle développait déjà de la fièvre. Une enquête médicale a rapidement établi que sa mère, décédée peu après l'accouchement, était porteuse du virus Ebola. La nouveau-née a succombé neuf jours après sa naissance. L'incertitude demeure quant à la connaissance par la famille du risque de transmission. Le proche qui a confié l'enfant à l'orphelinat n'a pas souhaité s'exprimer.

Avant que le danger ne soit pleinement identifié, plusieurs membres du personnel avaient déjà été en contact avec la petite Patience, la prenant dans leurs bras et prodiguant les soins nécessaires. Dans les jours qui ont suivi, d'autres enfants ont commencé à présenter des symptômes.

Des soignants contaminés à leur tour

Parmi les personnes infectées figure sœur Cécile Nube, l'une des trois employées de l'orphelinat touchées par le virus. Malgré sa propre contamination, elle est restée au chevet d'un bébé de dix mois prénommé Elisée, qui semblait initialement se rétablir dans l'unité de traitement Ebola. Sœur Nube s'occupait de l'alimenter, de lui administrer ses médicaments et de veiller sur lui. Mais l'état du nourrisson s'est brusquement dégradé : Elisée est décédé vingt-quatre heures après avoir été filmée, illustrant la rapidité avec laquelle la maladie peut évoluer, en particulier chez les très jeunes enfants.

Un établissement sous surveillance

L'orphelinat Saint-Nicolas est désormais placé sous quarantaine. Chaque jour, des équipes de traçage des contacts se rendent sur place pour prendre la température des enfants et des adultes. Un professionnel de santé présent sur les lieux a indiqué que certains enfants présentaient une température légèrement élevée, mais que leur état restait pour l'instant stable.

Les autorités sanitaires locales redoutent que l'infection ne se propage rapidement au sein d'une communauté où les interactions sont constantes. Les enfants jouent ensemble, passent leurs journées en groupe, favorisant une transmission d'une personne à l'autre. Selon un expert, la configuration de l'orphelinat « aurait pu être une recette pour un désastre », car il s'agit d'une situation classique où Ebola peut dévaster très vite une communauté.

Une menace persistante

Pour l'instant, l'établissement reste sous surveillance renforcée. Il continue de servir de refuge pour des enfants qui ont besoin d'un abri et de soins, alors même que chaque nouveau symptôme fait craindre que le virus ne circule toujours. Ce foyer illustre la difficulté de contrôler l'épidémie dans des lieux à haute densité de population fragile, où les mesures de prévention sont difficiles à mettre en œuvre.