Une mise en garde solennelle
Le chef des droits de l'homme de l'ONU a actionné ce que ses services qualifient de « sonnette d'alarme rouge » face à la dégradation accélérée de la situation dans la ville d'el-Obeid, au Soudan. Dans une déclaration publique, il a prévenu que les civils pris au piège dans cette localité, capitale de l'État du Kordofan du Nord, font face à un danger immédiat d'extermination de masse sous l'effet des opérations menées par les Forces de soutien rapide (RSF). Cette alerte intervient alors que les combats s'intensifient autour de la ville, encerclée par les paramilitaires depuis plusieurs semaines.
Un précédent qui inquiète
Les observateurs redoutent un scénario comparable à celui d'el-Fasher, dans le Darfour du Nord, théâtre en 2024-2025 d'une offensive meurtrière des RSF ayant provoqué des centaines de morts et le déplacement de dizaines de milliers de personnes. Selon d'anciens responsables onusiens, la crise à el-Obeid pourrait s'avérer « encore pire » que celle d'el-Fasher, tant par l'ampleur des souffrances infligées aux civils que par l'isolement total de la ville. Les pénuries de nourriture, d'eau potable et de médicaments y sont désormais critiques, tandis que les infrastructures sanitaires sont débordées.
La communauté internationale sous pression
Les Nations unies, par la voix de leur haut-commissaire, exhortent les parties au conflit à épargner les populations et à permettre un accès humanitaire sans entrave. Plusieurs États, dont les États-Unis, ont également fait part de leur profonde préoccupation et réclament des mesures de protection concrètes. La veille, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU s'était réuni en session d'urgence sur le Soudan, notamment pour évoquer la détention de médecins par les RSF. Les ONG, à l'image d'Amnesty International, accusent les paramilitaires de crimes contre l'humanité dans le cadre de leur campagne au Darfour, et craignent que des exactions similaires ne se reproduisent à el-Obeid.
Urgence d'une action internationale
Pour les humanitaires, chaque jour compte. L'accès à la ville reste très dangereux, les convois d'aide étant régulièrement ciblés ou bloqués. Les organisations présentes sur place réclament un corridor humanitaire et un cessez-le-feu immédiat pour éviter le pire. Le haut-commissaire a estimé qu'une attention internationale soutenue et une pression diplomatique constante pourraient dissuader les RSF de commettre des atrocités de masse. Il a appelé la communauté internationale à ne pas détourner le regard, soulignant qu'au Soudan, le sort de millions de civils se joue aujourd'hui.
Une crise oubliée ?
Alors que d'autres foyers de tension accaparent l'attention médiatique mondiale, la guerre au Soudan, qui oppose l'armée régulière aux RSF depuis plus d'un an, continue de faire des ravages. Les victimes civiles se comptent par milliers, les déplacés par millions, et les trois quarts des structures de santé du pays sont hors d'usage. La « sonnette d'alarme rouge » tirée par l'ONU vise à rappeler que derrière les chiffres, ce sont des vies humaines qui sont en jeu, et que l'inaction serait une faute collective.