L'aviation israélienne a mené une frappe aérienne dimanche dans la banlieue sud de Beyrouth, une zone considérée comme un bastion du Hezbollah. Selon les autorités libanaises, l'attaque a fait trois morts et quinze blessés. L'armée israélienne a indiqué avoir visé un « centre de commandement » appartenant au mouvement chiite, en représailles à des tirs de drones et de projectiles en direction d'Israël.

Des images diffusées depuis les lieux montrent d'importants dégâts matériels autour de l'immeuble touché, situé dans le quartier de Dahieh. Des équipes de secours et des policiers étaient déployés sur zone pour porter assistance aux blessés et déblayer les décombres.

Un accord américano-iranien menacé

Cette escalade militaire survient dans un contexte diplomatique tendu. Le président américain s'est dit vivement contrarié par cette opération, estimant qu'elle aurait dû être évitée « un jour spécial où nous sommes si proches d'un accord de paix avec l'Iran ». Il a souligné que l'attaque israélienne répondait à une provocation « très petite et insignifiante », sans faire de victimes, et qu'elle ne devrait pas compromettre le processus en cours.

Le locataire de la Maison-Blanche a appelé à l'arrêt de toute action militaire israélienne au Liban, tout en exigeant la fin des hostilités de la part du Hezbollah. Il a évoqué la possibilité d'« un début de paix longue et belle » et exhorté les parties à ne pas faire échouer les négociations.

De son côté, le principal négociateur iranien dans les pourparlers avec Washington a estimé que cette frappe démontrait le non-respect par les États-Unis de leurs engagements. Un haut responsable militaire iranien a également prévenu que l'attaque contre la banlieue de Beyrouth ne resterait pas « sans réponse ».

Des divergences entre alliés

L'accord américano-iranien, dont la signature était annoncée pour ce week-end, suscite des réserves en Israël. Des sources israéliennes le considèrent comme un revers majeur pour le pays, qui a été tenu à l'écart des discussions et qui entend poursuivre ses opérations contre le Hezbollah.

Les autorités israéliennes estiment que la confrontation avec le Hezbollah constitue un théâtre distinct du conflit avec l'Iran. Une partie de l'opinion publique israélienne soutient la poursuite de la campagne militaire au Liban. Si Téhéran parvenait à lier les deux dossiers, Israël pourrait être contraint de mettre un terme à ses activités au Liban.

Un conflit régional élargi

Le Liban a été entraîné dans une guerre plus large entre Israël, les États-Unis et l'Iran au début du mois de mars, lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël en riposte à une frappe israélienne ayant tué le guide suprême iranien. En réponse, Israël a lancé des bombardements sur l'ensemble du territoire libanais et a envahi une partie du sud du pays.

Les frappes entre Israël et les États-Unis d'un côté, et l'Iran de l'autre, ont débuté fin février. Téhéran a attaqué Israël et des États du Golfe alliés, et a effectivement fermé le détroit d'Ormuz, une voie maritime essentielle pour le transport du pétrole et du gaz naturel liquéfié.

Malgré un cessez-le-feu conclu en avril, les États-Unis et l'Iran ont continué à échanger des tirs de manière intermittente.

La question nucléaire iranienne en toile de fond

Depuis des décennies, les pays occidentaux accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire. Téhéran rejette ces accusations et affirme que son programme nucléaire est destiné à des fins civiles, notamment la production d'électricité et la recherche.