Malgré l'annonce d'un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Liban, rejeté par le Hezbollah, l'armée israélienne a intensifié ses frappes dans le sud du pays, faisant sept morts dans la ville de Tyr et ordonnant l'évacuation de villages situés au nord du Litani.

Frappe meurtrière près d'un hôpital à Tyr

Dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 juin, deux frappes distinctes ont visé la cité côtière de Tyr. La première, à proximité de l'hôpital Jabal Amel, a tué quatre personnes et blessé sept autres, endommageant légèrement l'établissement. La seconde, dans un autre quartier, a fait trois morts et cinq blessés, dont deux enfants. Les secouristes de la Défense civile libanaise ont confirmé le bilan.

Ces bombardements surviennent alors qu'un cessez-le-feu conditionnel, négocié par les émissaires libanais et israéliens à Washington, a été officiellement annoncé par les États-Unis. Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a toutefois rejeté cet accord, le qualifiant de « processus absurde, humiliant et insultant », et a exigé un cessez-le-feu complet assorti d'un retrait total des forces israéliennes, menaçant le nord d'Israël de nouvelles attaques.

Évacuations élargies au nord du Litani

Vendredi matin, le porte-parole arabophone de l'armée israélienne, le colonel Avichay Adraee, a lancé un appel à la population de la ville côtière de Sarafand, située entre Tyr et Saïda, ainsi que de six autres localités. Il leur a enjoint d'évacuer « immédiatement » leurs habitations et de se déplacer au nord du fleuve Zahrani, qui coule à une quarantaine de kilomètres de la frontière israélienne.

Quelques heures plus tôt, un premier ordre d'évacuation avait été émis pour trois villages situés au nord du Litani, un fleuve qui avait jusqu'ici marqué la limite des zones d'avertissement israéliennes. « Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner des villages et des villes d'au moins 1 000 mètres, dans des zones dégagées. Quiconque se trouve près des combattants du Hezbollah, de leurs installations ou de leurs armes met sa vie en danger ! », a écrit Adraee sur son compte officiel.

L'ONU double son appel aux dons pour le Liban

Face à la détérioration de la situation humanitaire, les Nations unies ont plus que doublé leur appel de fonds pour le Liban, portant la demande à près de 640 millions de dollars pour une période de six mois. L'agence humanitaire OCHA a décrit une « crise humanitaire grave et qui s'aggrave », marquée par des « déplacements répétés, une capacité d'hébergement insuffisante et des perspectives limitées de retour en sécurité ». La population « voit ses capacités d'adaptation s'épuiser rapidement et les services essentiels sont soumis à une pression croissante », a-t-elle averti. L'appel précédent, lancé en mars, visait à réunir 308 millions de dollars pour soutenir un plan d'urgence jusqu'à la fin du mois de mai.

Strikes à Gaza

Parallèlement, dans la bande de Gaza, au moins dix Palestiniens ont été tués jeudi lors de frappes israéliennes, selon des sources hospitalières. Neuf corps ont été reçus par l'hôpital Shifa de Gaza-ville, dont ceux de deux femmes et de deux enfants, tués lors de quatre bombardements distincts durant la nuit. Une dixième personne a péri dans une frappe en soirée, un blessé supplémentaire étant pris en charge par l'hôpital de campagne Saraya, géré par le Croissant-Rouge. Des images de l'une des frappes montrent un trou béant dans un étage supérieur d'un immeuble.