Les tensions au Liban-Sud ont connu un regain de violence mardi 23 juin, lorsque des soldats israéliens ont abattu deux personnes près de la ville de Nabatieh. Le ministère libanais de la Santé a confirmé le décès des deux individus, tandis que l'armée israélienne a affirmé avoir visé des « terroristes du Hezbollah » qui s'approchaient de ses positions à bord d'un bulldozer, après des tirs de sommation restés sans effet.
De son côté, le Hezbollah a démenti catégoriquement la version israélienne, qualifiant les victimes de civils et dénonçant une « violation flagrante » du cessez-le-feu en vigueur. L'agence de presse officielle libanaise a précisé que les deux hommes participaient à des opérations de déblaiement et de recherche de corps sous les décombres, conséquence des précédentes frappes israéliennes.
Un incident sur fond de négociations délicates
Cet incident intervient au lendemain de l'entrée en vigueur de nouvelles consignes données aux troupes israéliennes, censées réduire les risques d'escalade au Liban. Depuis plusieurs semaines, les affrontements entre l'armée israélienne et le Hezbollah se sont intensifiés, malgré les discussions parallèles entre les États-Unis et l'Iran visant à un accord global.
Les analystes redoutent que chaque nouvel incident ne compromette un peu plus les pourparlers de cessez-le-feu. Mardi, des représentants libanais et israéliens devaient se retrouver à Washington pour une nouvelle session de négociations sous médiation américaine. Le Hezbollah, qui boycotte ces discussions, continue de rejeter leur légitimité, compliquant la tâche du gouvernement libanais.
La région d'Ali al-Taher au cœur des tensions
La fusillade s'est produite à proximité de la crête d'Ali al-Taher, à environ six kilomètres de la frontière israélienne. Selon des responsables libanais s'exprimant sous couvert d'anonymat, le Hezbollah y a construit l'une de ses plus importantes infrastructures souterraines, que l'armée israélienne considère comme son quartier général dans le sud du pays. Depuis début mars, les forces israéliennes ont avancé dans cette zone, affirmant vouloir établir une « zone de sécurité » de six kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.
Un calme précaire malgré l'incident
Malgré ce drame, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a indiqué n'avoir constaté ni frappes aériennes ni tirs antiaériens depuis dimanche. L'organisation a toutefois relevé la persistance de « violations de l'espace aérien, d'activités militaires et de restrictions à la liberté de mouvement » dans la région.
Depuis le début de l'année, le sud du Liban est le théâtre d'affrontements réguliers entre l'armée israélienne et le Hezbollah, faisant des dizaines de morts côté libanais et quelques pertes côté israélien. Les appels à la retenue se multiplient, mais chaque incident comme celui de mardi rappelle la fragilité du cessez-le-feu et l'urgence d'une solution politique durable.