L'armée israélienne a conduit dans la nuit du 6 au 7 juin des frappes aériennes sur le quartier de Dahia, dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah. Il s'agit de la première attaque ciblant la capitale libanaise depuis l'annonce d'un cessez-le-feu, mercredi dernier. L'opération a été officiellement confirmée par les autorités israéliennes.

Dans un communiqué conjoint, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou et le ministre de la Défense Israël Katz ont justifié cette action en la présentant comme une riposte aux tirs de projectiles en direction du nord d'Israël. « Cette opération fait suite aux tirs du Hezbollah en direction d'Israël », ont-ils déclaré. L'armée a précisé que les cibles visaient des « infrastructures du groupe terroriste Hezbollah ».

Tirs de projectiles et ordre d'évacuation

Plus tôt dans la journée, deux projectiles avaient été lancés depuis le territoire libanais vers le nord d'Israël, sans faire de victime. L'armée israélienne a affirmé les avoir interceptés. Le Hezbollah n'a pas revendiqué ces tirs. En réponse, l'état-major israélien a lancé un appel à l'évacuation des habitants de la ville côtière de Tyr et des zones environnantes, les avertissant de possibles frappes imminentes. Cette mesure vise à réduire les risques pour les civils avant des opérations militaires.

Contexte de trêve fragile

Le cessez-le-feu, obtenu sous médiation internationale, n'a pas mis fin aux violations réciproques. Des sources proches du dossier indiquent que l'armée israélienne avait cherché à frapper Beyrouth plus tôt, mais que l'administration du président américain Donald Trump s'y serait opposée, empêchant une escalade immédiate. La récente frappe intervient donc après une période de tensions croissantes.

Rôle de l'ONU

La mission de maintien de la paix des Nations unies au Liban (FINUL) tente de soutenir la sécurité et la stabilité dans le sud du pays. Ses patrouilles sont régulièrement déployées dans les zones frontalières pour prévenir de nouveaux affrontements. L'ONU a appelé les deux parties à respecter l'accord de cessez-le-feu et à éviter une escalade.

Implications régionales

Cette frappe israélienne sur Beyrouth, la première depuis la trêve, marque une détérioration significative de la situation sécuritaire. Elle intervient alors que le conflit avec le Hezbollah reste non résolu, malgré les efforts diplomatiques. L'ordre d'évacuation de Tyr, principale ville portuaire du sud, pourrait précéder une nouvelle phase d'opérations terrestres ou aériennes. Les observateurs craignent un embrasement généralisé si les frappes se multiplient.

Réactions

Pour l'heure, ni le gouvernement libanais ni le Hezbollah n'ont officiellement commenté les frappes sur Beyrouth. La population de Dahia, déjà éprouvée par les précédentes vagues de bombardements, a connu une nouvelle nuit de panique. Les autorités libanaises ont dénoncé ce qu'elles considèrent comme une violation flagrante du cessez-le-feu, sans pour l'instant annoncer de mesures de rétorsion.