Le conflit entre les États-Unis et l’Iran a franchi un nouveau palier le 7 juin, au centième jour d’une guerre qui ébranle le Moyen-Orient. Le commandement central américain (CENTCOM) a annoncé avoir abattu deux drones iraniens qui menaçaient le trafic maritime international dans le détroit d’Ormuz, voie stratégique pour les exportations pétrolières et gazières du Golfe. Téhéran a immédiatement répliqué en lançant une salve de missiles contre deux alliés des États-Unis dans la région : le Koweït et Bahreïn. Aucun bilan humain ou matériel n’a été communiqué pour cette nouvelle frappe, qui intervient alors que la trêve conclue le 8 avril est fragilisée par des échanges de tirs sporadiques.

Efforts diplomatiques pakistanais Parallèlement aux affrontements, une initiative de médiation émerge. Le ministre de l’Intérieur du Pakistan, Mohsin Naqvi, est arrivé à Téhéran le 6 juin pour s’entretenir avec des responsables iraniens, dont le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Selon les médias officiels iraniens, Naqvi aurait remis une « lettre spéciale » du Premier ministre pakistanais et du chef de l’armée au guide suprême iranien, Ali Khamenei. Ce déplacement s’inscrit dans une série de tentatives de résolution du conflit, alors que les pourparlers indirects entre Washington et Téhéran piétinent.

La question des avoirs gelés Un conseiller du guide suprême, Mohsen Rezaei, a déclaré qu’un accord de paix pour mettre fin aux trois mois de guerre dépendrait de la libération de 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens bloqués par les États-Unis. De son côté, une source proche du dossier a indiqué que le gouvernement américain envisageait de rediriger une partie des actifs iraniens vers les États du Golfe pour financer la reconstruction et la réparation des dommages causés par les frappes de Téhéran. Ces déclarations illustrent les tensions persistantes sur le plan financier.

Visas pour la Coupe du monde Dans un registre moins militaire, l’équipe nationale iranienne de football a obtenu des visas américains pour ses joueurs et son encadrement technique en vue de la Coupe du monde à venir. Toutefois, quinze membres administratifs et managers de la délégation se sont vu refuser l’entrée aux États-Unis. Un responsable américain anonyme a justifié cette décision en affirmant que son pays ne permettrait pas à l’Iran « d’abuser de ce système pour faire entrer clandestinement des terroristes sur le sol américain sous de faux prétextes ».

Situation au Liban et à Gaza Le conflit s’étend également au Liban, où deux officiers et un soldat de l’armée libanaise ont été tués par une frappe israélienne sur un véhicule militaire dans le sud du pays. Le Hezbollah a riposté en attaquant un « quartier général de commandement » des forces israéliennes dans la localité libanaise de Naqoura à l’aide de drones Ababil. Par ailleurs, le commandant de l’armée libanaise, le général Rudolf Haykal, s’est rendu au Pakistan dans le cadre des efforts de médiation. Le ministère jordanien des Affaires étrangères a condamné l’attaque israélienne, la qualifiant de « violation flagrante de la souveraineté, de la sécurité et de la stabilité » du Liban. Dans la bande de Gaza, les frappes israéliennes ont fait dix morts le 7 juin, dont un homme et son fils tués par un drone.

Une trêve sous pression Les cent jours de guerre ont alterné entre escarmouches et tentatives de négociations, sans parvenir à un cessez-le-feu durable. La nouvelle salve de missiles iraniens contre le Koweït et Bahreïn, combinée à l’abattage de drones par les États-Unis, renforce l’impression que les protagonistes peinent à sortir de l’escalade. La médiation pakistanaise, bien que symbolique, illustre la recherche d’une issue diplomatique dans un contexte régional de plus en plus instable.