L'escalade militaire entre les États-Unis et l'Iran a franchi un nouveau palier dans la nuit du 11 juin 2026. Le Commandement central américain (CENTCOM) a indiqué avoir mené des frappes contre de nouvelles cibles en territoire iranien en réponse à ce qu'il qualifie d'« agression continue » de Téhéran. Cette opération survient après que le président Donald Trump a déclaré que l'Iran devrait « payer le prix » pour l'échec des négociations de paix.
Une riposte iranienne immédiate
En réaction, le Corps des Gardiens de la révolution islamique a affirmé avoir ciblé des bases américaines situées au Koweït et à Bahreïn. L'armée koweïtienne a confirmé que ses systèmes de défense antiaérienne étaient engagés contre des « cibles aériennes hostiles ». Les autorités de l'émirat ont temporairement fermé l'espace aérien, entraînant le détournement des vols civils.
Les Gardiens de la révolution ont également revendiqué une attaque contre la base aérienne d'Al-Azraq, en Jordanie, affirmant avoir tiré douze missiles balistiques sur ce site qui accueille des forces et des aéronefs américains. Face à ces menaces, l'ambassade des États-Unis à Amman a émis un ordre de « mise à l'abri sur place », appelant les ressortissants américains à « rester à l'intérieur et prêter attention aux annonces et alertes locales », selon un message publié sur son site officiel.
La Jordanie et le Koweït sous le feu
Des informations contradictoires circulent quant à la nature exacte des projectiles ayant atteint le territoire jordanien. Si les Gardiens de la révolution affirment avoir utilisé des missiles balistiques, les autorités jordaniennes n'ont pas encore officiellement confirmé ce type d'armement. La Jordanie, voisine de l'Irak et de la Syrie, est régulièrement traversée par des drones et missiles en direction d'Israël, mais elle est pour la première fois directement visée par Téhéran dans le cadre de cette escalade bilatérale avec Washington.
Au Koweït, la situation reste tendue. Après la fermeture de l'espace aérien, la circulation aérienne a été perturbée, et les autorités locales n'ont pas précisé quand le trafic pourrait reprendre normalement. Le Koweït avait déjà été touché par une attaque de drones début juin sur l'aéroport de Koweït City, qui avait fait un mort et 63 blessés.
Un contexte de trêve fragile
Ces frappes interviennent dans un contexte de trêve extrêmement précaire entre les deux puissances. Les négociations, qui portaient notamment sur le détroit d'Ormuz et le programme nucléaire iranien, sont au point mort. Le président Trump avait averti que l'Iran devrait « payer le prix » pour le blocage des discussions. Washington avait déjà mené une première vague de bombardements sur des sites iraniens après avoir imputé à Téhéran le crash d'un hélicoptère d'attaque américain au large d'Oman.
Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a appelé les deux parties à la désescalade, alors que les échanges de tirs se multiplient et menacent de plonger toute la région du Golfe dans un conflit ouvert. Plusieurs capitales, dont celles des monarchies du Golfe, redoutent d'être prises en tenaille entre les deux belligérants.
Les frappes de cette nuit marquent une intensification notable, Téhéran élargissant son champ de riposte à des pays qui n'étaient pas jusqu'ici directement impliqués dans les hostilités avec les États-Unis. La communauté internationale observe avec inquiétude cette dynamique de représailles réciproques qui semble s'auto-alimenter de jour en jour.