Les États-Unis ont lancé ce jeudi une nouvelle salve de bombardements contre l'Iran, marquant une intensification spectaculaire des opérations militaires alors que les pourparlers diplomatiques semblent dans l'impasse. Le commandement central américain a confirmé avoir conduit « de multiples frappes de précision sur des cibles iraniennes », au lendemain d'une première vague qui avait déjà visé des installations dans les provinces de Hormozgan, Bushehr et Ispahan.
Frappes étendues et objectifs affichés
Selon des responsables militaires ayant requis l'anonymat, cette deuxième journée d'opérations cible des sites de défense aérienne, des centres de commandement et des infrastructures logistiques utilisées par les Gardiens de la Révolution. Le Pentagone justifie ces raids par la nécessité de « dégrader la capacité de l'Iran à mener des attaques contre les forces américaines et nos alliés dans la région ». Aucun bilan officiel n'a pour l'instant été communiqué par les autorités iraniennes.
Les frappes surviennent dans un contexte de tensions extrêmes autour du détroit d'Ormuz, où la marine iranienne avait récemment augmenté ses patrouilles. Le secrétaire à la Défense a déclaré que les opérations étaient « proportionnées et ciblées », tout en avertissant que Washington « n'hésiterait pas à prendre des mesures supplémentaires si nécessaire ».
Escalade après l'échec des pourparlers
Cette nouvelle phase militaire intervient après plusieurs semaines de négociations indirectes qui n'ont pas abouti à un accord sur le programme nucléaire iranien ni sur la liberté de navigation dans le Golfe. Les médiateurs internationaux, notamment le Pakistan et Oman, n'étaient pas parvenus à rapprocher les positions des deux camps.
Jeudi matin, la télévision d'État iranienne a diffusé des images de dégâts dans la province de Khuzestan, tout en affirmant que la défense antiaérienne avait intercepté « un nombre important de missiles et de drones ennemis ». Téhéran a dénoncé une « agression flagrante » et promis une « réponse écrasante et immédiate », sans préciser la nature de cette riposte.
Réactions internationales
La communauté internationale observe avec inquiétude cette escalade. Le secrétaire général des Nations unies a appelé à « une désescalade immédiate » et exhorté les deux parties à « revenir à la table des négociations ». Plusieurs capitales européennes ont exprimé leur préoccupation, tandis que la Russie et la Chine ont condamné les frappes américaines, les qualifiant de « violation du droit international ».
Sur le marché pétrolier, le baril de brut a bondi de plus de 4 % en Asie, les investisseurs redoutant une perturbation majeure des flux traversant le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. Les Bourses du Golfe ont également chuté, dans un climat d'extrême incertitude.
Contexte d'une confrontation qui s'enracine
Les frappes de ces deux derniers jours constituent l'action militaire américaine la plus vaste contre l'Iran depuis plusieurs décennies. Elles s'inscrivent dans une spirale de représailles qui avait déjà vu l'Iran lancer, quelques jours plus tôt, des drones et des missiles contre des bases américaines en Jordanie et dans les Émirats, en riposte à des bombardements précédents près d'Ormuz.
Les autorités américaines affirment agir en vertu du droit à l'autodéfense, tandis que Téhéran considère ces frappes comme un acte de guerre. L'ayatollah Khamenei, qui avait jusqu'ici laissé une marge de manœuvre au gouvernement pour les négociations, a averti que « les jours de patience sont révolus ».
Quelles perspectives ?
Aucun signe d'apaisement n'est perceptible à ce stade. Les forces américaines restent en état d'alerte maximale dans la région, et des consultations d'urgence se tiennent au Conseil de sécurité de l'ONU. Plusieurs analystes estiment que les deux camps cherchent à tester les limites de l'autre sans déclencher une guerre totale, mais que le risque d'un embrasement généralisé n'a jamais été aussi élevé depuis le début de la crise.