Les frappes se sont intensifiées dans la nuit de mercredi à jeudi entre les États-Unis et l'Iran, avec une nouvelle vague de bombardements américains suivie d'une riposte iranienne visant plusieurs pays du Golfe et la Jordanie. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a lancé un appel à la désescalade alors que des tirs de missiles ont touché des installations militaires abritant des forces américaines.
Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a indiqué avoir frappé « de multiples cibles » en Iran dans la nuit, en riposte à ce qu'il qualifie d'« agression continue » de la part de Téhéran. Ces frappes font suite à des propos du président américain Donald Trump, qui avait déclaré que l'Iran devrait « payer le prix » pour l'enlisement des négociations de paix. Cette nouvelle vague de bombardement intervient après une première vague d'attaques américaines menée en représailles à un accident d'hélicoptère d'attaque au large d'Oman, dont Washington impute la responsabilité à l'Iran.
Riposte iranienne sur plusieurs fronts
En réaction, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé avoir ciblé des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn. Les Gardiens ont également affirmé avoir lancé douze missiles balistiques contre des installations clés de la base aérienne d'Al-Azraq, en Jordanie, qui héberge des forces et des appareils américains.
Le Koweït a annoncé la fermeture temporaire de son espace aérien en raison des attaques iraniennes en cours. Les vols ont dû être déroutés. Plus tôt, l'armée koweïtienne avait signalé que ses systèmes de défense antiaérienne étaient engagés contre des cibles aériennes hostiles. À Bahreïn, les sirènes d'alerte ont retenti à nouveau, les autorités locales faisant état de nouvelles attaques.
La Jordanie a également été touchée. L'ambassade des États-Unis à Amman a publié une consigne de « mise à l'abri » sur son site internet, indiquant que « des rapports signalent la présence de missiles, de drones ou de roquettes dans l'espace aérien jordanien ». La représentation diplomatique a appelé les ressortissants américains à « chercher une protection au-dessus de leur tête et à se mettre immédiatement à l'abri » et à « rester à l'intérieur et prêter attention aux annonces et alertes locales ». Les Gardiens de la révolution ont revendiqué le ciblage de la base d'Al-Azraq.
Un conflit aux conséquences régionales
Cette nouvelle escalade militaire survient dans un contexte de tensions déjà extrêmes autour du détroit d'Ormuz. Les précédents échanges de frappes, qui se sont multipliés depuis fin mai, ont mis à mal les tentatives de médiation, notamment une initiative pakistanaise. La trêve fragile, plusieurs fois évoquée, semble désormais compromise.
Les Nations unies, par la voix de leur secrétaire général, ont exhorté les deux parties à la retenue. M. Guterres a appelé à une désescalade immédiate alors que les frappes continuent de s'étendre à de nouveaux pays de la région. Le conflit, qui implique désormais directement le Koweït, Bahreïn et la Jordanie comme théâtres d'opérations, soulève des craintes d'un embrasement général au Moyen-Orient.
La fermeture de l'espace aérien koweïtien et les tirs de missiles en direction de bases alliées des États-Unis marquent une intensification significative des hostilités. Alors que Washington justifie ses frappes par la nécessité de répondre aux actions iraniennes, Téhéran affirme agir en représailles aux bombardements américains. La communauté internationale observe avec inquiétude la rapidité avec laquelle le cycle de violence s'accélère.