Graham Platner jette l'éponge

Graham Platner, candidat démocrate à la course sénatoriale du Maine, a suspendu sa campagne ce mercredi 8 juillet, a-t-il annoncé dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Cette décision intervient après qu'une femme a porté contre lui une accusation de viol, précipitant le retrait de tous les soutiens majeurs du parti. Dans son message, Platner a qualifié cette accusation de « fausse » et affirmé que son choix n'était pas un aveu de culpabilité, mais une conséquence des menaces des instances démocrates de couper tout financement à sa campagne.

Une décision sous pression

Le retrait de Platner répond à un ultimatum de la direction du Parti démocrate, qui avait déjà retiré son appui. La commission sénatoriale démocrate de campagne, ainsi que le parti de l'État du Maine, avaient mis fin à leur soutien dans les jours précédant cette annonce. Plusieurs figures nationales, dont les sénateurs Bernie Sanders, Elizabeth Warren, et les représentants Ro Khanna, Ruben Gallego et Martin Heinrich, avaient également retiré leurs endorsements. Platner a précisé que sa femme et lui-même avaient longuement hésité, qualifiant la décision « d'extrêmement difficile ». Il a exhorté le parti à organiser un processus « transparent et démocratique » pour désigner son successeur sur le bulletin de vote.

L'accusation et les antécédents

L'accusation de viol a été formulée par Jenny Racicot, 41 ans, qui s'est confiée à plusieurs médias. Cet événement a été la goutte d'eau qui a fait déborder un vase déjà rempli de controverses. Au cours des mois précédents, la campagne de Platner avait été secouée par plusieurs scandales : la révélation qu'il arborait un tatouage évoquant un symbole nazi, datant de son service dans les Marines en Croatie en 2007, qu'il a depuis recouvert. Par ailleurs, d'anciens messages sur le forum Reddit l'ont montré tenant des propos jugés insensibles envers les victimes d'agressions sexuelles, leur reprochant de « prendre des responsabilités » et d'éviter l'ivresse. Il avait alors demandé pardon aux électeurs.

En juin, d'autres révélations ont fait état d'échanges à caractère sexuel entretenus par Platner avec d'autres femmes durant son mariage. Son épouse avait d'ailleurs alerté son équipe de campagne du risque potentiel. Le candidat avait reconnu la véracité de ces informations. Trois anciennes compagnes avaient également témoigné de son comportement erratique et colérique.

Enjeux électoraux et calendrier serré

La course sénatoriale du Maine est cruciale pour les démocrates, qui espèrent renverser la majorité républicaine lors des élections de mi-mandat en novembre. Le sortant, la républicaine Susan Collins, brigue un sixième mandat dans un État que les démocrates estiment pouvoir reconquérir. L'émergence soudaine de Platner, un ostériculteur et vétéran, avait séduit l'aile progressiste du parti avec un discours populiste axé sur la santé universelle et le logement abordable. Son dynamisme avait même poussé la gouverneure Janet Mills, pourtant favorite pour l'investiture, à suspendre sa propre campagne.

Désormais, la loi de l'État impose que le remplacement de Platner soit officialisé avant le 13 juillet pour que le nom du nouveau candidat figure sur le bulletin de vote. Le comité du Parti démocrate du Maine, qui avait déjà exclu Platner du processus de sélection, devra désigner un successeur dans les jours à venir.

Réactions et suites

Le camp républicain n'a pas tardé à réagir, soulignant une nouvelle illustration des divisions internes des démocrates. De leur côté, les instances nationales du parti, tout en prenant acte de la décision de Platner, concentrent désormais leurs efforts sur l'identification d'un candidat capable de rivaliser avec Susan Collins. La procédure de sélection interne promet d'être une nouvelle épreuve pour la cohésion du parti dans cet État clé.