L'avocate d'une enfant qui se présente comme une victime présumée de Jérôme Barella a décrit l'état psychologique de sa cliente comme celui d'une fillette « murée dans le silence ». Cette déclaration intervient dans le cadre de l'affaire entourant le décès de Lyhanna, pour lequel l'homme est mis en cause.
Le signalement en question émanait d'une collégienne placée sous la protection de l'Aide sociale à l'enfance (ASE). Ce document, dont le contenu a été rendu public, relatait des comportements de Jérôme Barella en présence de mineurs. Selon les informations disponibles, ce signalement aurait pu, s'il avait été traité plus rapidement, permettre d'interpeller le suspect avant qu'il ne soit mis en cause dans la mort de Lyhanna.
Des confidences glaçantes
L'avocate a indiqué que sa cliente, prénommée Rosa, s'exprimait peu mais que ses quelques confidences révélaient une peur profonde. « Elle est effrayée, elle se mure dans le silence », a-t-elle confié, ajoutant que l'enfant peinait à verbaliser ce qu'elle aurait vécu. Ces propos font écho à ceux tenus quelques jours plus tôt par le conseil de la fillette, qui réclamait des comptes sur les circonstances ayant conduit à cette situation.
Le contenu du signalement
Le signalement, rédigé par une collégienne de l'ASE, décrivait des faits précis qui, s'ils avaient été transmis aux autorités judiciaires dans des délais plus courts, auraient pu déclencher une enquête préventive. Les éléments contenus dans ce document n'ont pas été divulgués dans leur intégralité, mais ils accréditent la thèse d'une série de dysfonctionnements dans le suivi des alertes concernant Jérôme Barella.
Des questions sur le système
Cette affaire soulève des interrogations sur l'efficacité des circuits de signalement au sein de l'ASE et sur la coordination entre les services sociaux et la justice. L'avocate de Rosa a estimé que le système avait « failli » en ne donnant pas suite à ce signalement dans les meilleurs délais. Elle a également appelé à ce que des mesures soient prises pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise.
De son côté, un ancien collègue de Jérôme Barella a témoigné de l'attitude de ce dernier, le décrivant comme « tout excité » en présence d'enfants. Ce témoignage, s'il est avéré, pourrait étayer l'idée que des signaux d'alerte étaient perceptibles bien avant les faits reprochés.
Un contexte judiciaire sous tension
Le décès de Lyhanna a placé Jérôme Barella au centre d'une enquête pour meurtre. Alors que l'instruction se poursuit, la publication de ce signalement relance le débat sur la responsabilité des différents acteurs — travailleurs sociaux, magistrats, police — dans la chaîne de protection de l'enfance. Un avocat pénaliste, interrogé sur les éventuelles défaillances des magistrats, avait jugé « irresponsable » de désigner la faute des seuls juges, appelant à une analyse globale du système.
Une enfant toujours traumatisée
Rosa, dont l'identité n'a pas été divulguée, continue d'être suivie psychologiquement. Son avocate a indiqué qu'elle restait très fragile et que son état nécessitait une prise en charge spécialisée. « Elle ne parvient pas à exprimer ce qu'elle a vécu », a-t-elle insisté, soulignant que le chemin vers une éventuelle reconstruction serait long.