De nouveaux éléments accablants viennent s'ajouter au dossier judiciaire concernant Jérôme Barella, mis en examen pour le meurtre de Lyhanna, 10 ans. Des messages adressés à une collégienne de 13 ans, placée à l'aide sociale à l'enfance (ASE), ont été révélés.
Dans ces échanges, l'homme de 34 ans adressait des demandes insistantes à l'adolescente. Il lui écrivait notamment : « J'ai droit à une petite photo avec un beau sourire ? ». Ces sollicitations, découvertes par les enquêteurs, interviennent dans le cadre d'une procédure qui explore les agissements de Jérôme Barella auprès de mineures vulnérables.
Des demandes de photos intimes
Les investigations ont mis en évidence que le mis en cause ne se contentait pas de demander des clichés anodins. Selon les informations recueillies, il réclamait également des photos à caractère intime à cette jeune fille âgée de 13 ans. Ces révélations confirment un mode opératoire visant à établir un contact déplacé avec des adolescentes suivies par les services de protection de l'enfance.
Cette collégienne, dont l'identité n'a pas été divulguée, avait déjà fait l'objet d'un signalement antérieur, quelques jours avant le drame. Les autorités avaient alors été alertées sur le comportement de Jérôme Barella à son égard, sans que ce signalement ne conduise à son interpellation immédiate.
Un signalement resté sans réponse
Les révélations concernant ce signalement, intervenu avant la mort de Lyhanna, suscitent des interrogations sur la réactivité des services sociaux et judiciaires. Des sources proches du dossier ont indiqué que des informations avaient été transmises aux autorités compétentes, mais qu'aucune mesure n'avait été prise pour empêcher le drame qui a suivi.
L'avocate de la collégienne, interrogée sur la situation de sa cliente, a décrit une enfant « murée dans le silence », effrayée par les agissements de l'homme qu'elle avait rencontré. Cette attitude contraste avec les tentatives pressantes de Jérôme Barella pour obtenir des images d'elle.
Un mode opératoire qui se dessine
Ces nouveaux messages viennent renforcer le profil d'un individu décrit comme cherchant à établir des relations inappropriées avec des jeunes filles placées. Un ancien collègue de Jérôme Barella avait précédemment témoigné de son comportement « tout excité » devant les enfants, ajoutant une pièce au puzzle de ses agissements.
Les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour déterminer l'ampleur exacte des contacts que le suspect entretenait avec des mineures relevant de l'ASE. Plusieurs plaintes ont déjà été déposées par des familles ou des avocats représentant des victimes présumées.
Des accusations qui s'accumulent
L'affaire, qui a profondément ému l'opinion publique, met en lumière les failles potentielles du système de protection de l'enfance. Des voix s'élèvent pour demander des comptes sur les dysfonctionnements qui ont permis à Jérôme Barella de continuer à approcher des enfants malgré des signaux d'alerte.
Les avocats des parties civiles multiplient les démarches pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Ils réclament notamment que soient examinés les motifs pour lesquels les signalements n'ont pas été suivis d'effets concrets avant le décès de Lyhanna.