De nouvelles révélations dans l’affaire Barella

L’enquête sur Jérôme Barella, suspect dans la mort de la fillette Lyhanna, prend une ampleur supplémentaire. Une collégienne âgée de 13 ans, prénommée Lise et également placée à l’aide sociale à l’enfance (ASE), affirme avoir reçu de l’homme des messages insistants et à caractère sexuel. Elle a décrit des échanges glaçants au cours desquels il lui demandait des clichés d’elle en sous-vêtements, selon des éléments portés à la connaissance de la justice.

Des sollicitations répétées sur les réseaux sociaux

L’adolescente explique avoir été contactée via les réseaux sociaux par Jérôme Barella, qui se serait fait passer pour un jeune homme avant de révéler son identité réelle. Progressivement, les conversations auraient dérivé vers des sujets intimes. Lise raconte que l’adulte lui aurait envoyé des messages déplacés et des photos de lui, tout en exigeant en retour des images d’elle en tenue légère. « Il me disait qu’il m’aimait, qu’il voulait être avec moi, et que je devais lui prouver ma confiance en lui envoyant des photos de moi en sous-vêtements », a-t-elle confié aux enquêteurs.

Face à l’insistance, la collégienne dit avoir fini par céder à certaines demandes, avant de prendre conscience du danger et de couper les ponts. « Je l’ai échappée belle, ça aurait pu être moi », a-t-elle déclaré en référence au sort de Lyhanna.

Un signalement qui n’a pas été pris en compte à temps

Selon des sources concordantes, un signalement concernant les agissements de Jérôme Barella envers Lise avait été effectué avant le décès de Lyhanna. Celui-ci n’aurait pas été traité avec la diligence nécessaire, ce qui soulève des questions sur les lacunes du système de protection de l’enfance et sur la coordination entre les services sociaux et la justice. L’avocate de la famille de Lyhanna a dénoncé ces failles, estimant que ce signalement aurait pu permettre d’interpeller Barella avant le drame.

Un mode opératoire qui se dessine

Les témoignages de Lise et de Lyhanna présentent des similitudes troublantes. Dans les deux cas, Jérôme Barella aurait utilisé les réseaux sociaux pour entrer en contact avec des adolescentes vulnérables, placées sous la tutelle de l’ASE. Il aurait instauré une relation de confiance avant de formuler des demandes de nature sexuelle. Ce schéma, désormais mis en lumière par plusieurs plaignantes, renforce l’hypothèse d’un prédateur agissant de manière systématique.

La parole des victimes se libère

Depuis la médiatisation de l’affaire, plusieurs jeunes filles ont témoigné de comportements similaires de la part de Jérôme Barella. Lise, qui avait gardé le silence par peur, a décidé de parler après la mort de Lyhanna. « Je me suis dit que si je ne disais rien, il pourrait recommencer avec d’autres », a-t-elle expliqué. Son avocate, qui a déposé une plainte, décrit une enfant « murée dans le silence » pendant des mois, avant de trouver la force de se confier.

Quelles suites judiciaires ?

L’enquête se poursuit pour déterminer l’étendue exacte des agissements de Jérôme Barella et le nombre de victimes potentielles. Les investigations portent notamment sur ses activités en ligne et ses contacts avec des mineurs placés. La justice devra également éclaircir les raisons pour lesquelles les alertes émises n’ont pas été suivies d’effets.

En attendant, Lise tente de se reconstruire, entourée de son avocate et de psychologues. « Je veux que les adultes qui étaient censés nous protéger fassent leur travail », a-t-elle lancé, résumant le sentiment d’abandon ressenti par de nombreux jeunes placés à l’ASE.