Le rapport d’autopsie de la jeune Lyhanna, dont la mort a bouleversé le département du Gers, livre des conclusions accablantes. Les médecins légistes ont mis en évidence des violences sexuelles ainsi que l’usage d’un morceau de scotch pour réduire au silence l’adolescente de 13 ans. Par ailleurs, des prélèvements effectués sur la dépouille ont permis d’identifier l’ADN de Jérôme Barella, déjà placé en garde à vue depuis la découverte du corps.
Des preuves matérielles et génétiques
Selon les informations issues des analyses scientifiques, le scotch utilisé pour bâillonner la victime aurait été appliqué sur son visage, obstruant partiellement les voies respiratoires. Le geste, d’une violence extrême, a contribué au décès de l’enfant, bien que la cause exacte de la mort n’ait pas encore été officiellement communiquée dans le détail. Les examens indiquent également que Lyhanna a subi un viol, ce que confirme la présence de traces biologiques appartenant au suspect.
L’ADN de Jérôme Barella a été retrouvé sur plusieurs zones du corps de la collégienne, renforçant les charges qui pèsent contre lui. Les enquêteurs s’appuient désormais sur ces éléments pour étayer l’accusation de meurtre précédé ou accompagné de viol. Le mis en cause, déjà connu des services de police pour des antécédents judiciaires, n’a pas fourni d’explications cohérentes face à ces révélations scientifiques.
Un contexte d’alerte ignoré
Cette affaire avait suscité une vive émotion après la disparition de Lyhanna, survenue alors qu’elle se trouvait sous la responsabilité de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Des investigations ultérieures ont révélé que Jérôme Barella avait, par le passé, entretenu une correspondance à caractère intime avec une autre collégienne, Rosa, également placée à l’ASE. L’avocate de cette dernière avait décrit une enfant « murée dans le silence », effrayée par l’emprise que l’homme exerçait sur elle. Des messages déplacés et des photos à connotation sexuelle avaient été échangés, mais le signalement n’a pas permis d’empêcher le drame.
Des voix s’élèvent aujourd’hui pour dénoncer des défaillances dans le suivi des signalements et dans la protection des mineurs confiés à l’ASE. Un ancien collègue de Jérôme Barella a témoigné de son comportement « tout excité » en présence d’enfants, sans que cela n’alerte suffisamment les autorités compétentes.
Les suites judiciaires
L’instruction se poursuit sous l’autorité du pôle criminel du tribunal judiciaire. Les résultats de l’autopsie constituent une pièce maîtresse du dossier. L’avocat de la famille de Lyhanna a réclamé que toute la lumière soit faite sur les circonstances du drame et sur les éventuelles négligences ayant permis au suspect d’agir. Jérôme Barella, toujours en détention provisoire, devrait être prochainement mis en examen pour viol et assassinat, tandis que des investigations complémentaires sont menées pour identifier d’éventuelles autres victimes.
Les autorités judiciaires n’ont pas encore communiqué la date du procès, qui s’annonce comme l’un des plus suivis de ces dernières années dans la région.