Une pièce clé du dossier Lyhanna refait surface. Il s'agit d'un signalement émanant d'une collégienne suivie par l'Aide sociale à l'enfance (ASE), qui mettait en cause Jérôme Barella pour des violences et des agressions sexuelles. Rédigé avant le drame, ce témoignage aurait pu, selon les éléments désormais connus, conduire à l'interpellation de l'homme aujourd'hui mis en cause dans la mort de la fillette.

Le contenu du signalement

La jeune fille, âgée de 13 ou 14 ans et également placée, avait décrit avec précision des faits graves. Dans son récit, elle affirmait avoir été victime de violences physiques et d'attouchements sexuels de la part de Jérôme Barella. Le document, daté de plusieurs semaines avant la disparition de Lyhanna, a été transmis aux services judiciaires. Il contenait des éléments suffisamment précis, selon plusieurs sources proches de l'enquête, pour justifier une audition ou une mesure de contrôle judiciaire.

Une occasion manquée

Le signalement n'a pourtant pas déclenché de procédure accélérée. Aucune interpellation n'a eu lieu avant le 28 mai, jour où le corps de Lyhanna a été retrouvé. Ce laps de temps interroge les enquêteurs et les proches des victimes présumées. Le parquet a confirmé que le document avait bien été reçu et enregistré, mais sans qu'une action immédiate ne soit engagée. Les raisons de cette inertie font l'objet d'une enquête interne.

Le contexte judiciaire

Jérôme Barella était déjà connu des services de police pour des faits de violence et d'agression sexuelle. Plusieurs jeunes filles, dont Rosa, une autre enfant placée, avaient témoigné contre lui. Leur avocate avait décrit Rosa comme une enfant « murée dans le silence », effrayée par son agresseur présumé. Le signalement de la collégienne de l'ASE s'ajoutait à un faisceau d'indices qui, s'ils avaient été exploités plus tôt, auraient peut-être évité le drame.

Les réactions et les suites

La famille de Lyhanna a dénoncé un « dysfonctionnement grave » de la chaîne judiciaire. Des voix s'élèvent pour réclamer une réforme des procédures de signalement et de suivi des auteurs présumés de violences sur mineurs. L'avocat de Rosa a, de son côté, appelé à ce que toute la lumière soit faite sur les circonstances qui ont empêché une intervention rapide. Une information judiciaire est ouverte pour « meurtre sur mineure de 15 ans » et « viols et agressions sexuelles sur mineures ». Les investigations se poursuivent pour déterminer si d'autres signalements avaient été effectués et ignorés.

Les zones d'ombre

Il n'est pas établi avec certitude que l'interpellation de Jérôme Barella aurait effectivement empêché la mort de Lyhanna. Les enquêteurs soulignent que les faits reprochés à l'homme se sont déroulés dans un laps de temps très court. Cependant, le signalement de la collégienne, par sa précision et sa gravité, constitue un élément majeur de l'enquête sur les éventuels dysfonctionnements du système de protection de l'enfance.