La journée de mobilisation organisée par des groupes hostiles aux migrants a donné lieu à des débordements limités mais réels. Des magasins tenus par des étrangers ont été pillés dans plusieurs quartiers, et les forces de l'ordre ont interpellé près de cinquante personnes pour des actes de violence ou de vandalisme. Le calme était toutefois revenu en début de soirée, après une journée marquée par une tension omniprésente.
Les autorités, qui avaient déployé des effectifs supplémentaires dans les zones à risque, ont indiqué que la majorité des manifestations s'étaient déroulées sans incident majeur. Cependant, des groupes d'individus ont profité des rassemblements pour cibler des commerces appartenant à des ressortissants étrangers, notamment dans la périphérie de Johannesbourg. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des devantures brisées et des marchandises éparpillées. Les forces de sécurité sont intervenues pour disperser les attroupements et procéder à des arrestations pour vol et destruction de biens.
Un ultimatum expiré
Ces violences interviennent au lendemain de la date butoir du 30 juin, fixée par des collectifs se réclamant de la défense des intérêts sud-africains, qui exigeaient le départ massif des immigrés clandestins. Selon les estimations officieuses, environ 25 000 étrangers, dont une majorité de Malawites, avaient quitté le pays avant cette échéance. Le gouvernement sud-africain avait condamné ces menaces et promis de protéger tous les résidents légaux, tout en appelant au calme.
Un contexte de xénophobie latente
L'Afrique du Sud connaît une recrudescence des tensions xénophobes depuis plusieurs semaines. Un ressortissant malawien avait été tué lors d'une attaque dans une township au début du mois, et plus de 3 000 personnes originaires du même pays avaient fui leurs domiciles après des violences ciblées. Des entreprises de fret avaient suspendu leurs dessertes vers certaines zones jugées dangereuses, tandis que des sociétés privées avaient mis des drones à disposition de la police pour surveiller les quartiers chauds.
Des manifestations revendiquées
Les organisateurs des marches, qui se présentent comme des patriotes luttant contre l'immigration illégale et ses conséquences économiques, avaient promis une action pacifique mais ferme. Leur rhétorique, jugée incendiaire par les associations de défense des droits humains, a été dénoncée par plusieurs partis politiques et par la société civile. Le président Cyril Ramaphosa a réitéré l'engagement de son gouvernement à faire respecter la loi et à poursuivre les auteurs d'actes xénophobes.
Un bilan encore provisoire
Les chiffres exacts des dégradations et du nombre d'arrestations n'ont pas encore été consolidés par les autorités, qui doivent communiquer un bilan officiel dans les prochains jours. Les quartiers les plus touchés faisaient l'objet d'une surveillance renforcée en début de soirée. Des patrouilles mixtes de policiers et de militaires ont été déployées pour prévenir toute nouvelle flambée de violence durant la nuit. Les commerçants étrangers, traumatisés par les événements de la journée, réclament une protection accrue et des mesures durables contre la discrimination.