La canicule qui frappe la France depuis près d'une semaine ne faiblit pas. Ce mercredi 24 juin, Météo-France a maintenu 54 départements en vigilance rouge, un niveau d'alerte qui concerne près de 39 millions de personnes. L'épisode, qualifié d'historique par les météorologues, se caractérise par des températures diurnes extrêmes, des nuits tropicales et des records battus « tous mois confondus » dans plusieurs régions, notamment dans l'Ouest.
Des records de chaleur absolus
Les températures maximales attendues ce mercredi atteignent 42 °C dans certaines zones, avec des pointes à 43 °C prévues à Bordeaux. Dans l'Ouest, plusieurs villes ont déjà enregistré des records absolus de chaleur. À Angers, le mercure est monté à 40,9 °C, à Saintes à 42 °C, et à Bordeaux à 41,9 °C. Ces valeurs, relevées mardi, dépassent les précédents records établis lors de la canicule de 2003. La température moyenne sur l'ensemble du pays devrait également dépasser le record absolu en milieu de semaine, selon les prévisions.
Les nuits sont également très chaudes, avec des minimales encore plus élevées que la veille. Cette absence de rafraîchissement nocturne aggrave les risques sanitaires, notamment pour les personnes âgées et les plus vulnérables.
54 départements concernés
La vigilance rouge concerne une large bande allant de la Bretagne à l'Île-de-France, en passant par le Centre-Val de Loire, la Nouvelle-Aquitaine et une partie de l'Occitanie. Parmi les départements placés en alerte maximale figurent l'Allier, les Côtes-d'Armor, la Gironde, l'Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique, Paris et la Seine-Maritime. La liste complète, établie par Météo-France, couvre également la Charente, la Dordogne, l'Eure, le Finistère, la Haute-Garonne, l'Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher, le Maine-et-Loire, la Manche, la Mayenne, la Nièvre, l'Oise, l'Orne, le Puy-de-Dôme, les Pyrénées-Atlantiques, la Sarthe, la Seine-et-Marne, les Yvelines, les Deux-Sèvres, le Tarn, la Vendée, la Vienne, la Haute-Vienne, l'Yonne, l'Essonne, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et le Val-d'Oise.
Mobilisation gouvernementale et pression sur les urgences
Face à la gravité de la situation, le ministre de l'Intérieur, Sébastien Lecornu, a présidé mardi matin une nouvelle cellule interministérielle de crise (CIC), activée depuis samedi. C'est la deuxième fois que le chef du gouvernement réunit cet outil de gestion des crises. Par ailleurs, la ministre de la Santé a indiqué que l'absence de visibilité concernant la fin de l'épisode rend difficile la planification des secours. Les services d'urgence redoutent d'être débordés : le nombre d'appels au Samu a bondi de 30 à 40 %.
Décès liés à la chaleur
Trois personnes âgées de 80 à 95 ans ont déjà succombé à cette canicule. Dans le Vaucluse, deux enfants ont été retrouvés morts dans une voiture ; le parquet privilégie « la piste de la canicule ». Ces drames rappellent la dangerosité de l'épisode, qui pourrait encore s'aggraver avant un éventuel retour à la normale prévu pour dimanche. Les météorologues se disent pour l'instant dans l'incapacité de prévoir précisément la fin de cette vague de chaleur.