La ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, poursuit ses réflexions sur l'adaptation des conditions de travail aux épisodes caniculaires en s'inspirant des dispositifs en vigueur en Espagne. Mais alors qu'elle privilégie une approche souple, passant par des accords négociés au niveau de chaque métier, la CGT monte au créneau pour réclamer un changement législatif en urgence.
Un appel à la loi plutôt qu'à la négociation
Le syndicat estime que la situation impose une intervention rapide du Parlement. Selon la CGT, les périodes de chaleur extrême deviennent trop fréquentes pour se contenter d'arrangements négociés métier par métier. L'organisation syndicale milite pour l'inscription dans le code du travail de seuils de température maximaux au-delà desquels l'activité serait automatiquement suspendue ou adaptée.
Cette position intervient alors que la ministre a effectué un déplacement en Espagne pour observer les mesures mises en œuvre dans ce pays, notamment l'aménagement des horaires, les pauses obligatoires ou encore la possibilité de recourir à la sieste pour les travailleurs exposés à la chaleur. Panosyan-Bouvet a indiqué vouloir transposer certains éléments de ce modèle, mais sans imposer de règle unique et rigide à l'ensemble des professions.
Le gouvernement table sur des accords de branche
De son côté, le gouvernement écarte l'idée d'un seuil automatique d'arrêt de l'activité, par exemple à 30 °C, comme le réclament certains syndicats. L'exécutif juge préférable de laisser chaque branche professionnelle définir ses propres modalités d'adaptation en fonction des contraintes spécifiques de ses métiers. Cette approche sectorielle est défendue comme plus réaliste et plus adaptable aux réalités du terrain.
Des discussions sont déjà en cours dans plusieurs secteurs, notamment le bâtiment, l'agriculture et la logistique, où les travailleurs sont particulièrement exposés aux fortes chaleurs. La ministre a également évoqué des pistes comme la modification des horaires de travail, la généralisation de la sieste ou le recours au chômage partiel pour intempéries élargi aux canicules.
Une opposition entre deux visions
Le fossé se creuse ainsi entre la CGT, qui réclame une protection légale immédiate et uniforme, et le gouvernement, qui mise sur une négociation collective décentralisée. La confédération syndicale juge l'approche gouvernementale trop timide face à l'urgence climatique, tandis que l'exécutif redoute des mesures trop rigides qui pourraient paralyser certains secteurs.
Panosyan-Bouvet a confirmé son intention de proposer un cadre législatif « souple » avant la fin de l'année, laissant aux branches le soin de préciser les modalités concrètes. La balle est désormais dans le camp des partenaires sociaux, appelés à accélérer leurs négociations avant le prochain épisode de canicule.