Le paysage centriste se réorganise. Alors que Gabriel Attal et Édouard Philippe mènent campagne pour la présidentielle de 2027, le MoDem, l'UDI et Bâtissons Ensemble, le mouvement lancé par l'ancienne Première ministre Élisabeth Borne, ont acté leur union. Cette alliance, conclue ces derniers jours, vise à constituer une force politique capable d'influer sur le scrutin, sans toutefois présenter de candidat propre.
« Il a été acté de travailler à ce rassemblement structuré pour que cette force existe et pèse durablement dans le débat politique », a expliqué une source proche d'Élisabeth Borne. L'ancienne cheffe du gouvernement avait quitté la direction de Renaissance après des désaccords avec la ligne impulsée par Gabriel Attal. Le 24 juin dernier, elle avait déjà réuni autour d'elle plusieurs figures du centre, dont le président du MoDem François Bayrou, la sénatrice UDI Valérie Létard, ainsi que les ex-ministres Éric Dupond-Moretti et Nicole Belloubet.
Un choix commun différé
Les trois partenaires ont convenu de décider ensemble, le moment venu, quel candidat ils appuieront au premier tour de l'élection présidentielle. Ni les propositions du député des Hauts-de-Seine ni celles du maire du Havre ne les ont pour l'instant convaincus. Ce rassemblement leur permet de conserver leur liberté de manœuvre tout en pesant plus lourd dans les négociations à venir.
François Bayrou avait déjà mis en garde contre les risques d'une dispersion des voix au centre. Le 16 juin, sur France Inter, il avait déclaré ne pas « adhérer au parti "TPMG" », qu'il avait traduit par « Tout pour ma gueule ». « Je ne suis pas candidat. Pour plusieurs raisons. La première, c'est qu'ils le sont tous. En restant singulier, on peut dire des choses plus librement, et être plus utile au pays », avait-il ajouté.
Éviter un duel LFI-RN
Plusieurs cadres de ces partis redoutent que la multiplication des candidatures au centre n'aboutisse à un second tour opposant La France insoumise au Rassemblement national. Ce scénario, qu'ils jugent dangereux, renforce leur détermination à s'organiser collectivement pour orienter le débat et, in fine, peser sur le choix final des électeurs.
L'alliance prévoit également une coordination sur les investitures pour les élections législatives qui suivront la présidentielle. Les trois formations entendent ainsi bâtir une structure durable, capable d'exister au-delà de la seule élection de 2027. Ce front centriste pourrait modifier les équilibres au sein de l'ancienne majorité présidentielle, déjà fragilisée par la concurrence entre Gabriel Attal et Édouard Philippe.