L'annonce du soutien de Maud Bregeon à Édouard Philippe pour l'élection présidentielle de 2027 a déclenché une vive réaction au sein du camp de Gabriel Attal. La députée Renaissance des Hauts-de-Seine, figure montante de la majorité et ancienne porte-parole du gouvernement, a officialisé son choix, une décision qui vient raviver les tensions dans le bloc central.

Dans l'entourage de Gabriel Attal, plusieurs responsables ont exprimé leur mécontentement, estimant que cette prise de position fragilise l'unité de la majorité à un an du scrutin. Un proche du Premier ministre sortant a notamment souligné que « chaque voix compte et que la dispersion des soutiens affaiblit le camp présidentiel face aux extrêmes ».

Une divergence stratégique

Cette réaction s'inscrit dans un contexte où Édouard Philippe lui-même avait jugé « dangereux » que lui et Gabriel Attal maintiennent leurs candidatures respectives. Invité de RTL le 1ᵉʳ juillet, l'ancien chef du gouvernement avait estimé qu'une multiplication des candidatures dans le même espace politique « conduirait à un cauchemar absolu », c'est-à-dire un second tour opposant le Rassemblement national à La France insoumise. Il avait alors appelé à une « sélection naturelle » dans les mois à venir.

Les partisans de Gabriel Attal rejettent cette vision et plaident au contraire pour un « rassemblement le plus large possible », dès le premier tour, afin d'éviter un duel entre les deux extrêmes. Ils rappellent que le locataire de Matignon est le seul à pouvoir incarner l'unité de la majorité présidentielle, fort de son expérience gouvernementale et de sa cote de popularité.

Maud Bregeon justifie son choix

De son côté, Maud Bregeon a justifié son soutien à Édouard Philippe en mettant en avant « son expérience, sa vision et sa capacité à rassembler au-delà des clivages ». Elle a également insisté sur le fait que cette décision était personnelle et ne remettait pas en cause son appartenance à Renaissance.

Ce ralliement intervient alors que le député-maire du Havre tiendra son premier grand meeting de campagne le dimanche 5 juillet à l'Adidas Arena de Paris. Un événement qui devrait attirer de nombreux élus et militants, confirmant la dynamique de sa candidature.

Les enjeux de la présidentielle 2027

La compétition dans le camp présidentiel s'intensifie à quelques mois d'un scrutin dont les dates ont été fixées aux 18 avril et 2 mai 2027. Les deux figures de la majorité peinent à trouver un terrain d'entente, tandis que les appels à l'unité se multiplient au sein du parti. Plusieurs poids lourds refusent de se ranger derrière l'un ou l'autre, craignant une fracture durable.

Les derniers sondages donnent Édouard Philippe en tête dans le bloc de la droite et du centre, devançant Gabriel Attal. Mais cette avance reste fragile face à la progression du Rassemblement national et à la menace d'un second tour qui exclurait la majorité sortante.

Dans ce climat tendu, chaque soutien devient un enjeu stratégique. La réaction du camp Attal à la déclaration de Maud Bregeon illustre la nervosité qui règne dans l'entourage du Premier ministre, bien décidé à ne pas laisser l'ancien chef du gouvernement creuser l'écart sans réagir.