Un cycle de violence qui se répète
Les forces américaines et iraniennes se sont de nouveau affrontées dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 juillet, marquant la deuxième escalade nocturne consécutive depuis l'effondrement de la trêve fragile intervenue le mois dernier. Ce nouveau round d'hostilités illustre un schéma devenu récurrent : des attaques contre des navires commerciaux — imputées à l'Iran —, suivies de représailles américaines, puis de ripostes iraniennes, de menaces et de signaux contradictoires sur d'éventuelles négociations, avant une nouvelle accalmie précaire. Aucun signe immédiat n'indique que l'une ou l'autre des parties soit prête à reculer.
Les frappes américaines : 90 cibles visées
Selon le commandement militaire américain, les frappes de cette nuit ont touché environ 90 cibles à travers l'Iran. L'objectif affiché est de dégrader la capacité de Téhéran à lancer des attaques contre les navires marchands transitant par le détroit d'Ormuz, voie stratégique pour le transport pétrolier mondial. Les autorités iraniennes ont déclaré que ces bombardements avaient notamment endommagé une ligne ferroviaire reliant Téhéran à la ville sainte de Machhad, où l'ancien guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, devait être inhumé plus tard dans la journée. L'armée américaine n'a pas immédiatement commenté cette information. La compagnie ferroviaire iranienne a indiqué que des bus achemineraient les passagers bloqués vers leur destination.
La riposte iranienne : des bases américaines dans le Golfe visées
En réponse, l'armée iranienne a annoncé avoir lancé des drones et des missiles contre des cibles militaires américaines situées au Qatar, au Koweït et à Bahreïn, trois monarchies du Golfe qui ont été touchées à plusieurs reprises depuis le début du conflit. Dans un communiqué relayé par les médias d'État iraniens, le Corps des gardiens de la révolution islamique a menacé d'étendre ses frappes à d'autres bases américaines dans la région.
Les déclarations contradictoires de Donald Trump
Alors qu'il participait à un sommet de l'OTAN en Turquie mercredi, le président américain Donald Trump a estimé que le cessez-le-feu était « terminé ». Plus tard, au cours de son vol de retour vers les États-Unis, il a toutefois affirmé que l'Iran avait appelé les Américains parce qu'ils « veulent désespérément un accord ». Aucun signe n'indique que de nouvelles négociations sont en cours. Plus tôt, le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, avait prévenu : « Frappez, et vous serez frappés. »
Implications diplomatiques et économiques
Les médiateurs, notamment le Premier ministre du Qatar, cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani, s'activent pour tenter d'éviter une nouvelle escalade. Ce dernier s'est entretenu avec le ministre iranien des Affaires étrangères et a condamné les attaques contre les navires dans le détroit d'Ormuz.
Sur les marchés de l'énergie, les cours du pétrole restent élevés après ces nouveaux affrontements. Le brut Brent, référence internationale, s'échangeait autour de 78 dollars le baril jeudi, en baisse par rapport au pic atteint pendant la guerre mais au-dessus du niveau d'avant le conflit, qui était d'environ 72 dollars.
Les funérailles de l'ayatollah Khamenei perturbées
L'enterrement de l'ayatollah Khamenei à Machhad a été retardé de plusieurs heures jeudi. Les autorités iraniennes expliquent ce retard par l'afflux de foules immenses dans les villes irakiennes de Nadjaf et Kerbala, où des centaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées pour la procession funéraire mercredi. Ces cérémonies, minutieusement orchestrées par Téhéran, visent à projeter une image d'unité nationale et de défi face aux ennemis de l'Iran.
Autres décisions diplomatiques
Par ailleurs, l'administration Trump a informé le Congrès de son intention de retirer le statut d'État parrain du terrorisme à la Syrie, selon le secrétaire d'État Marco Rubio. Le président Trump a rencontré le nouveau président syrien, Ahmed al-Charaa, en marge du sommet de l'OTAN et a annoncé qu'il lèverait cette désignation, ce qui ouvrirait la voie à une normalisation.