La huitième nuit consécutive de frappes aériennes américaines sur le territoire iranien s'est déroulée dans un contexte de tensions extrêmes, après que Téhéran a lancé vendredi une attaque contre une base militaire en Jordanie, tuant deux soldats des États-Unis. D'autres militaires seraient grièvement blessés, selon des informations non confirmées. Ces frappes américaines constituent une réponse aux tirs iraniens, qui ont visé la base d'Azraq, dans l'est de la Jordanie, une installation stratégique pour les forces américaines déployées au Moyen-Orient.
Depuis la signature du mémorandum d'Islamabad le 26 juin dernier entre le président américain Donald Trump et le président iranien Massoud Pezeshkian, censé ouvrir une période de négociations de soixante jours et instaurer un cessez-le-feu « immédiat », la situation n'a cessé de se dégrader. Au trente-deuxième jour de cet accord, les violations se multiplient et la perspective d'une guerre généralisée au Moyen-Orient se précise.
Un missile qui a déjoué toutes les défenses
L'attaque iranienne contre la base jordanienne a été particulièrement inquiétante pour le commandement militaire américain au Moyen-Orient (CENTCOM). Non seulement les pertes humaines sont lourdes, mais la précision du missile utilisé interroge. Alors que les tirs iraniens contre Israël en février et mars derniers n'avaient pas démontré une grande exactitude, le projectile lancé sur la Jordanie a contourné l'ensemble des systèmes de défense antiaérienne jusqu'à son impact. Cette performance laisse supposer que l'Iran a réussi à adapter des technologies de guidage sophistiquées sur ses missiles balistiques, ou qu'il bénéficie d'une assistance technique notable de la part de la Chine et de la Russie.
Le cessez-le-feu en sursis
Dans ce climat, Téhéran a annoncé samedi qu'il ne respecterait plus les termes de l'accord de paix provisoire et suspendait tous ses engagements. Cette déclaration a été portée par le Guide suprême Mojtaba Khamenei et par le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Kazem Gharibabad. Toutefois, elle n'a pas été confirmée par d'autres figures clés, notamment le chef de la délégation iranienne aux négociations, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, ni par le président Pezeshkian ou le ministre des Affaires étrangères Araghchi, qui semblent en retrait depuis la fin des funérailles de l'ancien Guide suprême Ali Khamenei.
Un seuil de guerre franchi
Les frappes américaines ne se limitent plus aux seules infrastructures militaires. Des ponts et autres installations civiles ont été touchés, comme en témoignent les débris d'un pont près de Bandar Abbas, frappé le 18 juillet. Le président américain Donald Trump a promis « les portes de l'enfer » aux dirigeants iraniens, tandis que le Guide suprême iranien a promis des « leçons inoubliables » aux États-Unis. Pour l'instant, les actions militaires semblent encore relever d'une logique de « coup sur coup », mais chaque frappe rapproche un peu plus la région d'un embrasement généralisé.