Un cessez-le-feu en sursis
Signé le 26 juin à Versailles entre Donald Trump et le président iranien Massoud Pezeshkian, le mémorandum d'Islamabad prévoyait une période de négociation de soixante jours. Trente-deux jours plus tard, l'accord vole en éclats. Samedi, Téhéran a officiellement déclaré qu'il ne respecterait plus les termes de ce cessez-le-feu « immédiat » et suspendait tous ses engagements. La décision a été portée par le Guide suprême Mojtaba Khamenei et le vice-ministre des Affaires étrangères Kazem Gharibabad. Toutefois, le chef de la délégation iranienne, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, ainsi que le président Pezeshkian et le ministre des Affaires étrangères Araghchi, n'ont pas confirmé cette position, semblant absents depuis la fin des funérailles de l'ancien Guide Ali Khamenei.
Huitième nuit de frappes américaines
Dimanche matin, la tension reste maximale après une huitième nuit consécutive de bombardements américains sur l'Iran. Ces frappes interviennent en représailles à une attaque menée vendredi par la République islamique contre une base américaine en Jordanie, tuant deux soldats et en blessant plusieurs autres. Pour le Commandement central américain (CENTCOM), l'incident est particulièrement inquiétant : non seulement les pertes sont graves, mais il suggère que l'Iran a réussi à perfectionner la manœuvrabilité de ses missiles balistiques, ou qu'il bénéficie d'un guidage avancé de la part de la Chine et de la Russie.
Escalade rhétorique et militaire
Les déclarations des deux camps alimentent la spirale guerrière. Donald Trump a promis d'ouvrir « les portes de l'enfer » aux dirigeants iraniens, tandis que Mojtaba Khamenei affirme vouloir administrer aux États-Unis des « leçons inoubliables ». Sur le terrain, les frappes visent désormais des infrastructures civiles, et le détroit d'Ormuz est à nouveau partiellement paralysé. Le CENTCOM semble peu disert sur l'échec des défenses antiaériennes face au missile iranien en Jordanie, et un nouveau rapprochement avec les forces israéliennes est évoqué.
Un seuil franchi
L'enchaînement des tirs depuis une semaine marque un nouveau seuil : des cibles civiles sont touchées, l'accord de paix provisoire est caduc, et les deux camps multiplient les actions militaires sans perspective de retour à la table des négociations. L'absence de confirmation par les principales figures modérées iraniennes laisse toutefois planer un doute sur l'unité du régime face à cette escalade.