L’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran se poursuit sans répit. Après une semaine de frappes réciproques, les deux camps ont enregistré de nouveaux bilans et actions sur le terrain au cours des dernières 24 heures, marquées par une intensification du blocus naval imposé par Washington et une riposte iranienne visant le trafic pétrolier.

Septième nuit de bombardements américains

L’armée américaine a annoncé avoir frappé, dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 juillet, des « dizaines de cibles militaires » sur le territoire iranien. Selon le Commandement central des États-Unis, ces frappes ont visé des sites de surveillance côtière, des batteries de défense antiaérienne, des infrastructures logistiques et des installations maritimes. L’Iran a pour sa part rapporté des bombardements ayant touché des ponts, un aéroport et une gare. Ces opérations portent à sept le nombre de nuits consécutives de raids américains contre la République islamique.

Blocus naval : Washington revendique la neutralisation de six navires

Parallèlement aux frappes aériennes, les États-Unis ont renforcé le blocus des ports iraniens, réinstauré depuis quelques jours. Un responsable militaire américain a déclaré que, depuis la reprise de ce blocus, cinq navires commerciaux avaient été détournés et un sixième mis hors service. Parmi les épisodes rapportés, un avion militaire américain a tiré sur un pétrolier vide, le M/T Belma, battant pavillon de Curaçao, qui tentait de forcer le blocus ; le navire a été « neutralisé ». Les autorités américaines justifient ces actions par la nécessité de « réduire la capacité de l’Iran à menacer des marins innocents » dans le détroit d’Ormuz.

L’Iran réplique en frappant des tankers et des bases régionales

En réaction, l’armée iranienne a procédé à des représailles de grande ampleur. Selon les Gardiens de la Révolution, quatre pétroliers ont été « stoppés » dans le détroit d’Ormuz, et deux d’entre eux ont sauté sur des mines. Une source iranienne a également confirmé l’attaque de deux tankers dans cette même zone stratégique. Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique affirme par ailleurs avoir empêché quatre navires de franchir le détroit.

Les forces iraniennes ont également lancé des drones et des missiles contre des installations militaires américaines situées dans plusieurs pays du Golfe. Des attaques ont été signalées en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn. Les autorités koweïtiennes et qataries ont confirmé avoir fait face à des attaques aériennes. À Bahreïn, une nouvelle attaque iranienne a été repoussée, tandis que les sirènes d’alerte ont retenti à deux reprises. L’armée iranienne a menacé : « Si les Américains frappent les infrastructures de la République islamique, alors toutes les infrastructures de la région deviendront des cibles légitimes pour l’Iran. »

Pertes américaines et menace iranienne de « leçons inoubliables »

Le conflit a également causé des pertes du côté américain. Le Pentagone a annoncé la mort de deux militaires et la disparition d’un troisième en Jordanie, sans préciser les circonstances exactes. Le Guide suprême iranien a promis d’infliger aux États-Unis des « leçons inoubliables », dans une déclaration qui accentue la tension.

Un tir de missile iranien intercepté en Jordanie

De son côté, l’armée jordanienne a indiqué avoir intercepté huit missiles iraniens qui visaient son territoire. Selon les autorités jordaniennes, ces tirs n’ont fait ni victime ni dégât matériel.

La diplomatie au point mort malgré un geste de Téhéran

Alors que les combats s’intensifient, les initiatives diplomatiques restent bloquées. Aucun dialogue n’est engagé entre les parties. Le président américain a néanmoins salué la libération d’une citoyenne américaine, Dena Karari, détenue en Iran depuis 2024, qu’il a présentée comme un « geste de bonne volonté » de Téhéran. Cet épisode n’a toutefois pas modifié la donne militaire.

Craintes de dommages civils et fermeture du détroit d’Ormuz

Téhéran accuse Washington de frapper des infrastructures civiles. Les autorités iraniennes dénoncent la destruction de ponts, d’un aéroport et d’une gare lors des derniers bombardements américains. De son côté, l’Iran maintient la fermeture du détroit d’Ormuz, voie de transit cruciale pour le pétrole mondial, jusqu’à la fin des « agressions » américaines. Cette décision, annoncée le week-end précédent, continue de perturber le commerce maritime international et fait grimper les cours du pétrole, déjà en forte hausse depuis le début des hostilités.

Les observateurs redoutent que l’escalade ne débouche sur un conflit régional encore plus large, alors qu’aucune perspective de cessez-le-feu ne se dessine à ce stade.