Les services de renseignement israéliens ont transmis ces derniers jours à l'administration Trump des éléments indiquant que l'Iran planifierait une tentative d'assassinat contre l'ancien président des États-Unis, Donald Trump. L'alerte a été confirmée par plusieurs sources sécuritaires proches du dossier, sans que Washington ni Tel-Aviv n'aient officiellement commenté l'information dans l'immédiat.

Ce projet d'attentat, attribué à Téhéran, plonge les relations déjà exécrables entre les deux puissances dans une nouvelle phase d'extrême défiance. Il intervient alors que les frappes américaines se sont intensifiées contre des installations militaires iraniennes, notamment dans le sud de l'Iran et autour du détroit d'Ormuz. En représailles, l'Iran a lancé des missiles sur des bases alliées des États-Unis au Koweït et à Bahreïn.

Une stratégie de tension prolongée

Interrogé sur la situation au Moyen-Orient, Claude Moniquet, spécialiste du terrorisme et du renseignement, a estimé que « la tension reste extrêmement élevée » entre les deux capitales. Selon lui, la crise actuelle n'est « ni une guerre, ni une paix », mais une situation que l'Iran « veut faire durer ». Cette analyse illustre l'impasse dans laquelle semblent enfermés les belligérants, quelques jours après la reprise avortée des négociations de cessez-le-feu.

Les autorités iraniennes n'ont pas réagi officiellement à ces accusations de complot. Toutefois, Téhéran a multiplié ces dernières semaines les menaces, agitant notamment la possibilité d'un « déluge de missiles et drones » en cas d'agression américaine, ainsi que le blocage du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le transport pétrolier mondial.

Conséquences diplomatiques et sécuritaires

La révélation de ce projet d'assassinat risque de compromettre un peu plus les fragiles tentatives de dialogue engagées entre les deux pays. Après plusieurs rounds de pourparlers en Suisse, les discussions avaient été suspendues par Téhéran début juin, en pleine escalade militaire. L'administration Trump, qui avait appelé Israël à la retenue lors des précédents échanges de tirs, se retrouve désormais directement ciblée par ce que les autorités israéliennes présentent comme un acte de déstabilisation prémédité.

Du côté israélien, cet avertissement intervient alors que le pays a lui-même subi des tirs de missiles iraniens début juin, auxquels il avait riposté par des frappes sur des sites militaires en Iran. Les alliés américains dans la région, notamment l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, suivent avec inquiétude l'évolution d'un conflit qui menace de s'étendre.

Un précédent dans l'histoire récente

La menace d'assassinat contre une personnalité politique américaine de premier plan rappelle des précédents célèbres au Proche-Orient, où les tentatives de décapitation des directions adverses font partie des méthodes de guerre non conventionnelle. Aucun élément public ne permet toutefois d'établir un lien précis avec des opérations antérieures, et l'enquête sur cette alerte reste confidentielle. Les services de protection rapprochée de Donald Trump auraient été renforcés depuis la transmission de ces informations.