Les sirènes ont retenti lundi aux premières heures du jour sur une grande partie du territoire israélien, contraignant des millions d'habitants à gagner les abris. L'Iran a tiré plusieurs salves de missiles en direction d'Israël, marquant une escalade significative après deux mois d'accalmie relative. De son côté, Tsahal a lancé des raids aériens et des drones vers l'Iran, une première offensive directe menée par la République islamique après des rounds où elle se contentait de répliquer à des actions israéliennes.

Des infrastructures iraniennes ciblées

Dans un premier temps, les autorités israéliennes ont fait savoir que leurs frappes s'étaient limitées à des sites abritant des systèmes de défense aérienne ou des missiles contrôlés par les Gardiens de la révolution. Yechiel Leiter, ambassadeur d'Israël à Washington, a précisé que ces installations ne comprenaient pas « des infrastructures liées à l'énergie ». Toutefois, le porte-parole de l'armée israélienne a ensuite reconnu qu'une usine pétrochimique située dans le sud-ouest de l'Iran avait été visée. Un commentateur de la radio militaire a expliqué qu'il s'agissait d'« un avertissement pour faire comprendre aux Iraniens qu'Israël est capable de provoquer d'énormes dégâts à tout le secteur pétrolier et gazier iranien ».

Des mesures de précaution en Israël

Face à la menace persistante, l'armée israélienne a entamé le rappel de milliers de réservistes. Les écoles et lycées ont été fermés jusqu'à nouvel ordre, tandis que les hôpitaux ont activé des salles de soins souterraines. Le trafic aérien connaît de sérieuses perturbations, l'espace aérien s'ouvrant et se fermant au gré des tirs iraniens ou de ceux des rebelles houthis, qui ont menacé d'interdire tout navire israélien en mer Rouge.

Washington entre mise en garde et espoir diplomatique

Donald Trump exerce une pression maximale sur le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou pour qu'il renonce à des opérations de grande ampleur, notamment une attaque contre le Hezbollah dans son fief à Beyrouth, en représailles à des tirs de roquettes sur le nord d'Israël. Le président américain affirme qu'un accord entre les États-Unis et l'Iran est sur le point d'être conclu et cherche à éviter une dynamique de guerre incontrôlée.

Des positions irréconciliables ?

Chaque camp campe sur ses positions. Les responsables iraniens ont proclamé qu'ils vengeraient toute agression israélienne visant la capitale libanaise en s'attaquant directement à Israël. Benyamin Netanyahou a répliqué que son pays continuerait à s'en prendre au Hezbollah partout au Liban en cas de tirs de drones ou de roquettes vers les localités frontalières israéliennes.

Pour Michael Oren, ancien ambassadeur d'Israël aux États-Unis, Israël « n'avait pas le choix et devait réagir aux agressions du Hezbollah, même si cela doit avoir un prix dans nos relations avec les Américains ». Asaf Cohen Pizzer, un ancien responsable du dossier iranien au sein des renseignements militaires, estime de son côté que si un accord est conclu, « nous n'aurons pas d'autre choix que de nous y adapter ».