La perspective d'un accord de paix entre l'Iran et les États-Unis, que Donald Trump espérait voir aboutir pour son 80e anniversaire, s'éloigne à nouveau. Téhéran agite la menace d'une fermeture du détroit d'Ormuz, après de nouvelles frappes israéliennes au Liban, tandis que les divergences entre les deux camps persistent sur le contenu et le calendrier d'un éventuel accord.
Vendredi, les deux parties affichaient pourtant un optimisme mesuré. Selon des sources des deux camps, l'accord prévoirait la réouverture du détroit d'Ormuz et la levée du blocus américain contre les ports iraniens. La question du programme nucléaire iranien serait renvoyée à des discussions ultérieures. Le président américain s'était montré particulièrement confiant samedi, écrivant sur son réseau Truth Social que « la signature de l'accord est prévue pour demain, et dès qu'il aura été signé, le détroit d'Ormuz sera OUVERT À TOUS ». Il affirmait également que les Iraniens « ne veulent plus d'arme nucléaire » et que les Américains iraient chercher en Iran l'uranium enrichi une fois le calme revenu.
Les pays médiateurs semblaient anticiper une issue proche. Islamabad s'est dit prêt à procéder à une « signature électronique » dimanche, tandis qu'une délégation qatarie se rendait à Téhéran dimanche matin. Cependant, le flou persistait du côté iranien. La diplomatie iranienne a évoqué samedi un accord dans « les prochains jours », mais sans plus de précision dimanche, selon l'agence de presse gouvernementale Irna. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi avait rappelé vendredi que « tant qu'un accord complet n'aura pas été conclu, on ne pourra affirmer avec certitude qu'un terrain d'entente a été trouvé ».
Frappes au Liban et riposte iranienne
La situation s'est brusquement dégradée dimanche au Liban, théâtre d'affrontements entre Israël et le Hezbollah pro-iranien. Une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, la deuxième en une semaine, a fait trois morts. Israël a justifié cette action en affirmant avoir riposté à des tirs de drones du Hezbollah. L'Iran avait prévenu que de telles frappes compromettraient la signature d'un accord. Cet argument avait déjà été utilisé par Téhéran pour justifier des tirs de missiles contre l'État hébreu une semaine plus tôt, avant que les deux parties ne cessent les hostilités sous la pression de Donald Trump. « Ces frappes n'auraient pas dû avoir lieu », a regretté le président américain, tandis que Téhéran avertissait qu'elles ne resteraient pas « impunies ».
Divergences et menaces
Les divergences entre Washington et Téhéran ne se limitent pas au calendrier. Si un éventuel accord semble inclure la réouverture du détroit d'Ormuz et la levée du blocus, les modalités restent floues. La question du programme nucléaire iranien, véritable pomme de discorde, est repoussée à des discussions ultérieures, ce qui laisse planer de sérieuses incertitudes sur la viabilité d'un accord global. En réaction aux frappes israéliennes et à l'absence d'un accord satisfaisant, l'Iran a menacé de fermer le détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique par laquelle transite une part significative du pétrole mondial. Une telle mesure aurait des conséquences économiques et géopolitiques majeures.
La situation reste donc extrêmement tendue. L'espoir d'un accord de paix, un instant entrevu, semble s'éloigner au profit d'une escalade verbale et militaire. Les prochains jours diront si les diplomaties américaine et iranienne parviendront à surmonter leurs divergences ou si la région s'enfonce dans un nouveau cycle de violences.