La trêve déjà fragile entre Washington et Téhéran a subi un nouveau coup dur dans la nuit de vendredi à samedi. Les forces américaines ont annoncé avoir neutralisé quatre drones qui se dirigeaient vers le détroit d'Ormuz, avant de frapper des radars de surveillance côtière iraniens situés à Goruk et sur l'île de Qeshm. De son côté, Téhéran a indiqué que deux tours de communication avaient été endommagées à Sirik et sur l'île de Qeshm, déjà touchée par des bombardements américains quelques jours plus tôt.
En riposte, les Gardiens de la révolution ont lancé des missiles balistiques sur la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït, où sont déployés des appareils américains, ainsi que sur le quartier général de la Ve flotte américaine à Bahreïn. Des observateurs présents dans ces deux pays ont rapporté des déflagrations, notamment près de l'aéroport de Koweït, qui avait déjà été visé mercredi par des tirs iraniens. Selon le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), six missiles ont été interceptés et un autre n'a pas atteint sa cible.
Un cessez-le-feu en berne
Ces affrontements interviennent alors que les pourparlers de paix entre l'Iran et les États-Unis semblent au point mort. Aucune information n'a filtré ces dernières heures sur une éventuelle reprise des discussions. L'Iran avait déjà suspendu les négociations début juin, menaçant d'ouvrir de nouveaux fronts et de déchaîner un « déluge de missiles et drones » en cas d'agression américaine. Les frappes de cette nuit paraissent concrétiser cette escalade.
Au Liban, la situation n'est guère plus calme. Israël poursuit ses bombardements contre le Hezbollah, tandis que le parti chiite se dit prêt à un retrait du sud du Liban si l'État hébreu fait de même et qu'une trêve globale est scellée. Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a exhorté l'Iran à cesser d'utiliser son pays comme moyen de pression dans les négociations. En réponse, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a appelé le président libanais Joseph Aoun à « sauver » le Liban face à Israël.
Les footballeurs iraniens finalement accrédités pour le Mondial
Sur un registre différent, l'équipe nationale iranienne de football a obtenu ses visas pour participer à la Coupe du monde 2026, qui se déroule aux États-Unis, au Canada et au Mexique. L'Iran disputera tous ses matches de premier tour sur le sol américain, à commencer par une rencontre contre la Nouvelle-Zélande le 15 juin à Los Angeles. L'agence iranienne Fars a toutefois précisé que plusieurs membres du personnel de soutien, ainsi que le président de la Fédération iranienne de football Mehdi Taj — lui-même ancien commandant des Gardiens de la Révolution — se sont vu refuser l'entrée sur le territoire américain.
Les implications régionales
Ces frappes croisées risquent d'envenimer davantage les relations déjà exécrables entre l'Iran et les États-Unis, alors que les tentatives de médiation n'ont pas abouti. Les pays du Golfe, comme le Koweït et Bahreïn, se retrouvent une fois de plus pris dans l'étau des représailles. Les marchés pétroliers suivent de près ces développements, le détroit d'Ormuz étant l'un des points de transit les plus stratégiques pour les hydrocarbures.