Un nouveau round de négociations entre l'Iran et les États-Unis se tiendra samedi en Suisse, ont confirmé les deux capitales. Alors que la diplomatie s'efforce de désamorcer la crise nucléaire, le président Donald Trump a brandi une menace inédite : imposer une taxe de passage aux navires empruntant le détroit d'Ormuz si les pourparlers échouaient.

Une rencontre sous tension

Les représentants des deux pays se retrouveront donc ce week-end en terre helvète. La date a été officialisée après plusieurs jours de va-et-vient diplomatiques. Téhéran, de son côté, n'a pas levé l'option d'une fermeture pure et simple de ce passage stratégique, par lequel transite environ un quart du pétrole mondial. Les autorités iraniennes rappellent régulièrement leur capacité à bloquer cette artère vitale pour les approvisionnements énergétiques.

La menace d'un péage américain

Donald Trump s'est exprimé publiquement sur le sujet. Selon plusieurs sources, le locataire de la Maison-Blanche a évoqué l'instauration d'un « péage » à Ormuz en cas d'échec des discussions. Cette déclaration intervient alors que son administration a multiplié les frappes contre des positions iraniennes ces dernières semaines, tout en réaffirmant vouloir parvenir à un accord sur le programme nucléaire de la République islamique.

Un contexte militaire tendu

Les dernières semaines ont été marquées par une escalade militaire. L'Iran a lancé des missiles vers des bases américaines dans le Golfe, tandis que les États-Unis ont visé des radars iraniens. Des échanges de tirs ont également eu lieu entre l'Iran et Israël, avec des bombardements en Iran et des ripostes de missiles. Washington a appelé Tel-Aviv à la retenue, mais le conflit reste ouvert. Selon des informations concordantes, les capacités offensives de Téhéran auraient été considérablement réduites : Donald Trump a affirmé que l'Iran ne disposerait plus que de 22 % de ses missiles.

Les enjeux du détroit d'Ormuz

Le détroit d'Ormuz, situé entre le Golfe persique et le golfe d'Oman, est un point de passage incontournable pour les pétroliers. Une fermeture ou une taxation aurait des conséquences immédiates sur les cours du brut et l'économie mondiale. L'Iran menace régulièrement de le bloquer, mais cette menace américaine de péage marque un tournant : Washington pourrait, en cas d'échec des négociations, imposer unilatéralement un droit de passage.

Des négociations parallèles aux frappes

Malgré les affrontements, les canaux diplomatiques ne sont pas rompus. Des pourparlers ont déjà eu lieu ces dernières semaines, certaines sources évoquant des « progrès » vers un accord. La rencontre de samedi devrait permettre de tester la volonté réelle des deux parties de trouver une solution négociée. L'Iran a toutefois suspendu par le passé les discussions en menaçant d'ouvrir de nouveaux fronts, notamment via ses alliés régionaux comme les Houthis au Yémen.

Des conséquences régionales et globales

La menace sur Ormuz n'est pas isolée. Téhéran a également activé la milice houthie pour accentuer la pression sur Israël et les États-Unis. Les frappes israéliennes sur 35 localités au Liban ont ravivé les tensions. Le Hezbollah et Israël ont promis l'apaisement, mais les combats persistent. Une éventuelle fermeture du détroit d'Ormuz pourrait précipiter une crise énergétique mondiale et entraîner une intervention navale internationale.

La rencontre de samedi en Suisse s'annonce donc décisive. Entre menaces de péage américain et danger de blocage iranien, les négociateurs auront la lourde tâche de maintenir ouverte la voie diplomatique.