Keir Starmer a quitté ses fonctions de Premier ministre ce lundi 20 juillet, remettant les clés de Downing Street à Andy Burnham, ancien maire du Grand Manchester. Ce départ marque la fin d'un mandat débuté en 2024 avec une large majorité parlementaire, mais qui s'est achevé sur une impopularité record.

Élu à la tête du Parti travailliste en 2024, Starmer avait remporté les élections générales avec une majorité écrasante, porté par l'espoir d'un renouveau politique après des années de turbulences sous les gouvernements conservateurs successifs. Cependant, son passage au pouvoir a été marqué par des difficultés économiques persistantes, des tensions internes au sein de son parti et une érosion rapide de sa cote de popularité.

D'après les observateurs, la confiance des électeurs s'est effritée en raison de promesses non tenues et d'une gestion perçue comme hésitante face aux crises. Deux ans seulement après sa victoire écrasante, les sondages le plaçaient à des niveaux historiquement bas pour un Premier ministre en exercice.

La transition de pouvoir s'est déroulée sans heurts. Andy Burnham, figure montante du Labour, a été accueilli à Downing Street pour entamer les consultations formelles en vue de la formation du nouveau gouvernement. Ancien secrétaire d'État à la Santé et maire du Grand Manchester depuis 2017, Burnham est considéré comme un rassembleur capable de restaurer la crédibilité du parti.

Un héritage contrasté

Si Starmer est crédité d'avoir stabilisé le Parti travailliste après le départ de Jeremy Corbyn et d'avoir mené le parti à une victoire électorale, son bilan est aujourd'hui jugé mitigé. Les réformes structurelles annoncées n'ont pas abouti, et la pression des circonstances internationales — guerre en Ukraine, tensions commerciales post-Brexit — a limité sa marge de manœuvre.

Son départ, bien que programmé depuis plusieurs semaines, intervient dans un climat politique tendu. Le nouveau Premier ministre hérite d'une situation économique fragile, d'un système de santé sous tension et d'une opinion publique méfiante. Andy Burnham devra rapidement composer avec ces défis tout en affirmant sa propre vision.

Un nouveau chapitre pour le Royaume-Uni

En quittant Downing Street, Keir Starmer laisse derrière lui une image contrastée : celle d'un leader qui a su restaurer l'unité de son parti mais n'a pas réussi à concrétiser les attentes placées en lui. Son successeur, Andy Burnham, entend désormais incarner un renouveau, promettant une gouvernance plus proche des citoyens et une écoute accrue des territoires.

La cérémonie de passation de pouvoirs s'est tenue dans la matinée, en présence des principaux cadres du Parti travailliste. Starmer, qui a confirmé son intention de rester député, n'a pas souhaité s'exprimer longuement sur les raisons de son départ précipité. Les analystes politiques estiment que la course à la direction du Labour, déjà largement anticipée, devrait se conclure rapidement avec la nomination officielle de Burnham comme chef du gouvernement.